La page se tourne un peu plus tôt que prévu. Après six mois de pleine implication dans la défense des droits des internes, Mélanie Debarreix a pris la décision de se recentrer sur son internat de radiologie.
La présidente de l’Isni a annoncé vendredi quitter ses fonctions à mi-mandat « pour des raisons personnelles ». Depuis le début de son mandat, le rythme avait été particulièrement intense avec « une actualité politique soutenue, des tensions sanitaires persistantes et plusieurs mouvements de mobilisation importants au sein du système de santé français », rappelle le syndicat. Le début d’année a notamment été marqué par une grève unitaire de la profession, à laquelle les internes ont pris une large part, au risque de subir certaines pressions dans les hôpitaux.
Transition assurée
Au sein du bureau national, la décision de la présidente démissionnaire a été comprise et soutenue. « Nous sommes très tristes que Mélanie doive partir. Mais c’était important notamment pour sa santé mentale », confie Arthur Poncin, qui assure désormais la présidence par intérim.
L’interne en oncologie médicale à Lyon, jusque-là bras droit de la présidente, était déjà très investi sur les principaux dossiers, de quoi inscrire cette transition syndicale dans une continuité d’action. « Depuis quelque temps, on alternait sur certains dossiers et sur la communication. Si elle avait besoin de prendre des jours de repos, je récupérais déjà un peu ses mails et son téléphone », confie-t-il, précisant que la réflexion de Mélanie Debarreix a mûri pendant plusieurs semaines.
L’avantage avec Mélanie, c’est qu’on travaillait vraiment bien en duo. Je connais tous les sujets, donc la continuité est assez simple…
Arthur Poncin, président par intérim de l’Isni
Décompte du temps de travail des internes, amélioration des conditions de formation, défense des droits, réflexion sur l’avenir du système de santé : les dossiers et les combats en cours sont nombreux. « Tout va bien se passer. L’avantage avec Mélanie, c’est qu’on travaillait vraiment bien en duo. Je connais tous les sujets, donc la continuité est assez simple », assure le président par intérim, soulignant le rôle du bureau national, qui demeure mobilisé.
Le syndicat se félicite au passage des « avancées significatives » obtenues ces derniers mois, comme les décrets facilitant les adaptations de stage pour les jeunes parents ou encore les clarifications apportées sur la mise en œuvre de la 4e année du DES de médecine générale (en attendant des « garanties tangibles »).
Les échanges institutionnels vont se poursuivre à un rythme soutenu : réunions avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS, ministère) sur les autorisations d’absence des internes (mariage, Pacs, congés pour enfant malade), discussions sur le dossier médical partagé, auditions parlementaires ou encore rendez-vous au Sénat, autant de sujets qui figurent déjà à l’agenda des prochaines semaines. « On continue à bien bosser, ça ne change pas », insiste Arthur Poncin.
Conformément aux statuts du syndicat, de nouvelles élections auront lieu dans un délai d’un mois. « Nous allons profiter de notre assemblée générale organisée à Nancy les 20, 21 et 22 mars pour organiser un scrutin et élire un ou une nouvelle présidente. Ensuite, le bureau finira l'année comme prévu et le mandat, dans tous les cas, s'arrêtera en septembre 2026 », précise Arthur Poncin. Quant à sa propre candidature, l’interne reste prudent. « Je réfléchis à la question. »
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