Mesure phare du plan anti-déserts de François Bayrou, la mission de solidarité territoriale entend mobiliser, dès septembre, des praticiens pour aller épauler leurs confrères dans les territoires les plus durement touchés par la pénurie médicale.
Après la présentation de la cartographie des 151 premières « zones rouges » dévoilées fin juin, les agences régionales de santé (ARS) et la DGOS (ministère) sont en train de recenser localement tous les sites disponibles (maisons de santé, cabinets, locaux municipaux) qui pourraient accueillir, à partir de septembre, les patients et les médecins généralistes volontaires.
Selon le syndicat MG France, contacté ce lundi par Le Quotidien, plusieurs réunions ont eu lieu début août sur ce sujet sensible. « Le ministère nous a annoncé que les médecins seraient indemnisés 200 euros par jour, avance le DrJean-Christophe Nogrette, secrétaire général adjoint de MG France. Mais tout reste encore très nébuleux ».

« Beaucoup de questions demeurent »
Le Dr Luc Duquesnel, patron des Généralistes-CSMF, confirme lui aussi ce montant évoqué de 200 euros par jour, rappelant que, dans la convention médicale, une future consultation avancée dans un territoire sous-doté (Zip) sera rémunérée 200 euros… par demi-journée d’intervention, et ce à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. « Ce serait donc divisé par deux dans le cadre de cette mission territoriale », observe le Dr Duquesnel, qui insiste : « Beaucoup de questions demeurent. Qui recevra les examens des patients dans ces zones ? Qui va payer l’abonnement au logiciel métier ? C’est d’une extrême complexité ».
Dans sa région, les Pays de la Loire, trois zones rouges ont été identifiées, dont deux situées dans son département, la Mayenne. « La DGOS nous explique qu’elle ne va pas solliciter les médecins mayennais déjà surchargés mais ceux du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique. Or ils vont faire au minimum 80 km… Comment va-t-on les indemniser pour leur temps sur la route ? »
Une chose est certaine, hors de question pour les deux leaders syndicaux que cette mission basée sur le volontariat devienne « une contrainte ». Pour rappel, le gouvernement envisage une pénalité allant jusqu’à 1 000 euros par jour en cas de refus d’un médecin désigné (en cas de carence) qui refuse de jouer le jeu.
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