L’annonce est une lueur d’espoir pour les patients atteints de la maladie d’Huntington et leurs familles. La biotech américano-néerlandaise UniQure a communiqué des données préliminaires positives d’un essai de phase 1/2 de sa thérapie génique, l'AMT-130, qui a permis pour la première fois de ralentir nettement la progression de la maladie.
Cette maladie neurodégénérative héréditaire, rare et mortelle est causée par une mutation génétique unique et se traduit par une dégénérescence neurologique progressive. En France, environ 6 000 personnes en ont des symptômes, selon les autorités sanitaires. « Pour les patients, l'AMT-130 a le potentiel de préserver leurs fonctions quotidiennes, de les maintenir au travail plus longtemps et de ralentir significativement la progression de la maladie », se félicite la Pr Sarah Tabrizi, du Centre de recherche sur la maladie d’Huntington de l’University College London (UCL), principale conseillère scientifique de l'essai sur la thérapie génique, dans un communiqué de l’UCL.
Des résultats probants à haute dose
L’essai clinique, développé par des chercheurs de l'UCL et d’UniQure, a porté sur 29 patients traités par AMT-130 (n = 17 à forte dose ; n = 12 à faible dose), dont 12 patients par groupe ont atteint 36 mois de suivi et ont été évalués. Les résultats ont été comparés à un contrôle externe apparié par score de propension (n = 940 pour la dose élevée ; n = 626 pour la dose faible).
À 36 mois, les patients recevant l'AMT-130 à forte dose ont affiché un ralentissement de la progression de la maladie statistiquement significatif de 75 % sur l'échelle composite d'évaluation unifiée de la maladie d’Huntington (cUHDRS) et de 60 % sur la mesure de la capacité fonctionnelle totale (TFC pour Total Functional Capacity).
D’autres tendances favorables sur les fonctions motrices et cognitives sont relevées : sur le test des modalités symboles-chiffres, le test de lecture de mots de Stroop et le score moteur total. De même, les niveaux de protéine légère des neurofilaments (NfL), un biomarqueur de la neurodégénérescence dont l’élévation est fortement associée à la sévérité de la maladie, ont affiché une baisse moyenne de 8,2 % par rapport à la valeur initiale, alors que « les taux de NfL (auraient dû) augmenter de 20 à 30 % sur trois ans », indique l’UCL.
Dans le groupe à faible dose, les tendances observées étaient plus « variables », indique UniQure dans un communiqué, suggérant « une réponse dose-dépendante à l'AMT-130 ». La biotech souligne également que la thérapie a été bien tolérée aux deux doses.
Une efficacité à long terme encore à déterminer
« Mes patients participant à l'essai présentent une stabilité au fil du temps que je n'ai pas l'habitude de voir dans la maladie d’Huntington – et l'un d'eux est mon seul patient atteint de la maladie d’Huntington, retraité pour raisons médicales, à avoir pu reprendre le travail », témoigne le Pr Ed Wild, investigateur principal du Centre de recherche sur la maladie d’Huntington de l'UCL.
« Il s'agit d'une avancée majeure et prometteuse », salue Zosia Miedzybrodzka, professeure en génétique médicale à l'université d'Aberdeen (Écosse) sur le Science Media Centre. D’autres essais sont nécessaires « pour déterminer si cette nouvelle thérapie génique présente des effets secondaires, ou encore la durée de ses bénéfices et son efficacité à long terme », poursuit-elle.
UniQure indique son intention de déposer début 2026 une demande d'homologation accélérée pour son traitement auprès de l’agence américaine des médicaments (Food and Drug Administration). Des demandes d'autorisation suivront ensuite au Royaume-Uni et en Europe.
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