« Malheureusement dans le Covid, le tableau clinique est trop peu spécifique [...] pour pouvoir se passer du test. » Tel est le constat dressé par le Dr Hubert Maisonneuve (Lyon) lors de la présentation ce jeudi de l’étude Coviclinique. Alors que pendant la phase épidémique, les médecins de soins primaires ont souvent été contraints de poser le diagnostic sur la seule foi de la clinique, ce travail montre bien les limites de l’exercice.
Données divergentes
Face aux divergences observées au début de l’épidémie entre symptômes officiels de Covid (essentiellement à type de syndrome grippal), données de la littérature et remontées de terrain, l’objectif de ce travail était d’analyser l'association entre divers signes cliniques présentés par des patients ambulatoires et le résultat du test RT-PCR.
Menée entre le 24 mars et le 7 mai 2020, cette étude transversale a porté sur plus de 1 500 patients éligibles à un test RT-PCR pour suspicion de COVID-19 (dont 253 testés positifs). Les résultats des tests réalisés dans deux laboratoires communautaires de Lyon ont été confrontés au tableau clinique des patients.
Dans cette série, parmi les symptômes typiques de Covid, « seules les courbatures sont en faveur d'un test positif », rapporte le Dr Benoit Tudrej (Lyon), co-auteur de l'étude. Pour les symptômes atypiques, « on observe une association positive avec l’agueusie, l’anosmie ainsi que la sécheresse du nez ». À l’inverse, la présence de dyspnée est associée à une négativité de la RT-PCR, de même que le mal de gorge, la congestion nasale et la diarrhée ».
« Au total, nous avons vu que parmi les symptômes typiques ceux qui nous ont été présentés comme évocateurs de Covid dans la littérature ne sont en fait pas associés à la positivité ou à la négativité du test », résume le Dr Maisonneuve. A contrario, parmi les symptômes atypiques, l’anosmie et l’agueusie sont effectivement fortement évocatrices de Covid, « mais leur valeur prédictive positive et négative sont insuffisantes » pour conclure avec certitude. De façon surprenante, « d’autres symptômes tels que la diarrhée sont inversement associés à la positivité du test et ne devraient donc pas être retenus dans la suspicion clinique des médecins ».
Test, test, test !
À partir de ces données les auteurs ont créé un score de prédiction clinique, mais « ses performances sont malheureusement insuffisantes pour s’affranchir des tests ». L’intégration de facteurs externes tels que la suspicion clinique du médecin, le fait qu’il y ait un contage avéré ou la présence d’une autre hypothèse diagnostique plus probable pourrait permettre d’affiner les choses. Mais pour l’heure, « test, test, test ! » exhorte le Dr Maisonneuve en écho à un éditorial du BMJ.
D'après la communication orale « Coviclinique : signes cliniques associés à la RT-PCR chez les patients ambulatoires ». Pour revoir cette session, cliquez ici
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