Bronchiolite, gastro-entérite, infection urinaire… En 2014 des sociétés savantes américaines, européennes et françaises ont (re) mis les points sur les I pour ces pathologies, quitte à bouleverser les pratiques.
Bronchiolite : la kiné désavouée
Les récentes recommandations de l’American Academy of Pediatrics (AAP) reviennent aux fondamentaux et insistent sur le traitement symptomatique, à savoir la désobstruction rhinopharyngée répétée, le fractionnement de l’alimentation et l’hydratation. Elles écartent, en revanche, les aérosols de salbutamol (mais aussi d’adrénaline) faute de preuves d’efficacité dans les bronchiolites et en raison d’effets indésirable potentiels
Pas d’indulgence non plus pour la kiné. Les experts américains réitèrent (comme en 2006) la non-indication des différentes techniques de kinésithérapie en raison de l’absence d’efficacité prouvée sur l’amélioration de la sévérité de la maladie et des scores respiratoires, de la durée de séjour à l’hôpital ou du besoin en oxygène. Ces recommandations américaines s’opposent au dernier consensus français (2000) ainsi qu’aux habitudes de prescription systématique encore bien ancrées dans l’Hexagone même si les pratiques commencent à changer. « Nous devons nous orienter vers une attitude raisonnée et ciblée de la kinésithérapie respiratoire, c'est-à-dire la réserver, dans les formes ambulatoires, aux nourrissons très encombrés sur le plan pulmonaire », analyse le Dr Grégoire Benoist (Boulogne-Billancourt).
Gastro-entérite : les Européens ouvrent la porte aux probiotiques
Parues en juillet 2014, les recommandations européennes de l’ESPGHAN sur la gastro-entérite du nourrisson mettent quand à elles l’accent sur les solutés de réhydratation orale comme thérapeutique principale et récusent les antiémétiques.
En se fondant entre autres sur une revue Cochrane de 2012, aucun antiémétique ne trouve grâce aux yeux des experts, pas même le plus prescrit – la dompéridone – faute de preuves. L’ESPGHAN ouvre par ailleurs la porte à deux probiotiques en cas de gastro-entérite aiguë : Lactobacillus rhamnosus GG et Saccharomyces boulardii qui réduiraient la durée et l’intensité des symptômes, ainsi que la durée d’hospitalisation (environ une journée).
Infections urinaires : une prise en charge simplifiée
Enfin, deux nouveautés ressortent des dernières recos sur les infections urinaires (IU) de l’enfant du Groupe de pathologie infectieuse pédiatrique (GPIP), avec la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF), publiées fin mai 2014 .Auparavant, la bandelette urinaire n’était recommandée qu’après l’âge de trois mois révolus. Or des études ont permis de reconsidérer ce point, validant au contraire une bonne valeur prédictive négative entre 1 et 3 mois. Outre le nouveau-né, deux situations sont cependant exclues, où le recours à l’ECBU d’emblée est maintenu : le sepsis sévère et le patient neutropénique.
L’autre nouveauté est l’allégement de la prise en charge en ville de la pyélonéphrite aiguë de l’enfant avec un traitement ambulatoire désormais possible en 1re intention dès l’âge de 3 mois, hors sepsis sévère, et/ou uropathie connue. « L’hospitalisation n’est plus indispensable, explique Grégoire Benoist, et si l’enfant répond à quatre conditions (fièvre d’installation récente, état général conservé, pas d’antécédent d’IU ou d’uropathie connue, ni d’antibiothérapie récente), il peut même bénéficier d’un traitement oral en 1re intention avec du céfixime. »
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