Les vaccins de Pfizer-BioNTech et AstraZeneca pourraient rester globalement aussi efficaces contre le variant B.1.617, dit indien, que contre le clone B.1.1.7, dit britannique. C’est ce que suggère une étude prépubliée, encore non relue par des pairs, conduite par l’agence anglaise de santé publique, Public Health England (PHE).
Alors que l’OMS a finalement qualifié le variant indien de préoccupant (variant of concern, VOC) devant sa transmissibilité et sa capacité à échapper à l’immunité probablement accrues par rapport aux souches historiques de SARS-CoV-2, la question de l’efficacité des vaccins contre ce mutant se pose. Ainsi les épidémiologistes de PHE ont-ils proposé de comparer les performances de deux vaccins disponibles Outre-Manche – Vaxzevria (AstraZeneca) et Comirnaty (Pfizer/BioNTech) – contre le variant indien et contre le mutant britannique (dominant en Angleterre). Et ce à la recherche d'une éventuelle perte d'efficacité de ces vaccins devant le clone indien.
En pratique, les données de plus de 1 000 Anglais infectés par le variant indien et de plus de 11 500 résidents du pays contaminés par le variant britannique entre le 5 avril et le 16 mai ont été analysées. Le statut vaccinal de ces sujets a en particulier été recherché. « L’hypothèse sous-jacente était que si les vaccins étaient également efficaces contre chaque variant, une proportion similaire de cas de l’un ou l’autre des [mutants] devait être observée chez les individus vaccinés par rapport aux personnes non vaccinées », expliquent les auteurs.
Le vaccin Pfizer toujours efficace à près de 90 %
Résultat : après deux injections, les vaccins apparaissent à peu près aussi efficaces contre les infections symptomatiques dues au variant indien que contre les formes de covid-19 liées au clone anglais. De fait, les chercheurs ont trouvé avec Comirnaty, deux semaines après injection de la deuxième dose, une efficacité de 88 % contre le variant indien – contre 93 % contre le mutant anglais. De même, après une seconde injection, le vaccin d’AstraZeneca, efficace à 66 % contre le variant anglais, s’est avéré encore protecteur à 60 % vis-à-vis du clone indien.
À noter toutefois que les chercheurs rapportent une perte d’efficacité plus importante après injection d’une seule dose des deux vaccins. « Trois semaines après une première dose, les deux vaccins étaient efficaces à 33 % contre la maladie symptomatique à B.1.617.2, contre environ 50% d’efficacité contre le variant B.1.1.7 », signale PHE. Un résultat qui, aux yeux des auteurs, « confirme la nécessité de maximiser l’administration de deux doses de vaccins chez les personnes vulnérables ».
En outre, si les données manquent encore pour estimer l’efficacité des deux vaccins contre les formes sévères d’infection par le variant indien, l'agence de santé publique, qui promet de se pencher sur ce sujet dans les semaines qui viennent, se veut rassurante. « Nous nous attendons à observer des taux d’efficacité encore plus élevés contre les hospitalisations et les morts », affirme PHE.
Un travail à reproduire avec un autre sous-variant indien ?
Reste ainsi à attendre ces données complémentaires et la validation de la présente étude par le comité de lecture d’une revue scientifique.
Par ailleurs, rappelons qu’il n’existe non pas un mais trois variants indiens : le B.1.617.2, majoritaire et peu à risque d’échapper à l’immunité, le B.1.617.1, moins fréquent mais plus susceptible de résister aux vaccins, et le B.1.617.3, marginal et encore méconnu. Or, l’étude anglaise s’est penchée uniquement sur le variant B.1.617.2, peu susceptible de mettre en échec les vaccins, ce qui pourrait expliquer ces résultats rassurants. De ce fait, il pourrait être souhaitable d'investiguer également les performances des vaccins contre le variant B.1.617.1, plus préoccupant, même si le Professeur Lina, virologue et membre du conseil scientifique, temporisait il y a deux semaines. Ce qui se dessine, c’est que tous les vaccins anti-covid-19 semblent rester efficaces à plus de 50 % même contre le variant dit sud-africain, -variant le plus éloigné des souches historiques-, affirmait-il alors.
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