Infectiologie

Hépatites aiguës pédiatriques, pas de signal en France mais la vigilance s’organise

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Publié le 03/05/2022
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Selon Santé publique France, aucun excès de cas d'hépatites aiguës pédiatriques d'origine inconnue n’a été mis en évidence dans l'Hexagone pour le moment. L'agence a toutefois mis en place un dispositif de surveillance dédié en précisant la conduite à tenir face à une hépatite aiguë sévère chez les moins de 18 ans.

« À ce stade, aucun excès de passages aux urgences ni de séjours hospitaliers (pour hépatites aiguës pédiatriques d’origine inconnue) n’a été identifié sur le territoire national depuis le 1er janvier 2022 par rapport aux années précédentes (2018-2021) ». Alors qu’au 1er mai au moins 228 cas d’hépatites aiguës pédiatriques sans origine identifiée avaient été signalés à l'OMS -dont une majorité en Europe-, un point d'actualité publié ce 3 mai par Santé publique France (SPF) tend à rassurer sur la situation française.

Deux cas en cours d'investigation

Suite à l’alerte lancée par le Royaume-Uni, l’agence française a analysé les données issues du réseau Oscour et du PMSI pour détecter une éventuelle augmentation sur la période récente du nombre de passages aux urgences et de séjours hospitaliers compatibles avec une hépatite aiguë d’étiologie inconnue. Cet exercice n’a mis en évidence à ce jour aucun signal similaire à celui rapporté Outre-manche.

Deux cas d’hépatite aiguë (chez des enfants de moins de 10 ans) dont l’origine est encore indéterminée ont toutefois été signalés par le CHU de Lyon. « Les investigations sont toujours en cours, précise Santé publique France, et à l’heure actuelle, il n’est pas possible de savoir si (ces deux cas) sont liés au signal observé au Royaume-Uni ». Les hépatites aiguës d’étiologies indéterminées chez l’enfant n’étant pas rares, « la survenue de ces cas n’est pas inattendue, estime pour sa part la Direction générale de la Santé, et ne témoigne pas, à ce stade, d’un excès de cas en France ».

Un circuit de signalement mis en place

Pour autant la vigilance reste de mise et s’organise. À ce titre, « un circuit de signalement et d’investigation des cas possibles est aujourd’hui formalisé, en lien avec le Ministère en charge de la Santé, indique SPF, dans l’objectif de détecter sur le territoire un éventuel signal similaire à celui observé au Royaume-Uni ». Ce circuit s’appuie sur un réseau de cliniciens et de laboratoires incluant les 4 centres de transplantation hépatique (Necker, Bicêtre, Marseille, Lyon) et les services de réanimation pédiatrique.

Santé publique France a par ailleurs proposé une définition des cas possibles et balisé la conduite à tenir devant un cas d’hépatite aiguë sévère chez les moins de 18 ans.

La piste de l'adénovirus

Au niveau international, les investigations se poursuivent afin de rechercher une origine infectieuse, toxicologique ou environnementale pouvant expliquer les cas observés. Après le Royaume-Uni, les États-Unis ont à leur tour évoqué un lien possible avec l’adénovirus. Plus précisément, les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) américains pointent du doigt l'adénovirus dit « de type 41 », jusqu'ici davantage connu pour provoquer de sévères gastro-entérites. Mais « d'autres facteurs environnementaux sont toujours étudiés ».


Source : lequotidiendumedecin.fr