L'origine professionnelle du cancer du sein d'une hôtesse de l'air reconnue pour la première fois en France

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Publié le 26/08/2026

Une hôtesse de l'air a obtenu la reconnaissance de son cancer du sein comme maladie professionnelle, une première en France dans le domaine aérien. Le tribunal de Bayonne a souligné le rôle du travail de nuit et de l'exposition aux rayonnements ionisants et au tabagisme passif. 

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Crédit photo : pexels

C'est une première dans le domaine aérien : une ancienne hôtesse de l'air s'est vu reconnaître l'origine professionnelle de son cancer du sein par le tribunal judiciaire de Bayonne. 

Aujourd'hui âgée de 59 ans et en rémission, Sophie Lainault explique avoir travaillé entre 1989 et 2019 chez Air France comme hôtesse de l'air puis cheffe de cabine, sur des vols long courrier, cumulant plus de 12 600 heures de vol, dont plus de 6 500 de nuit.

Selon la décision, début juillet, de son pôle social, le tribunal judiciaire de Bayonne, souligne le rôle du travail de nuit, de l'exposition aux rayonnements ionisants et au tabagisme passif de l'hôtesse de l'air - fumer était autorisé dans les avions Air France jusqu'en 2000 - et noté qu'il n'existait pas d'autre facteur génétique ou lié à l'hygiène de vie pouvant expliquer ce cancer.

Deux comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles avaient auparavant estimé que le lien n'était pas établi. Le cancer du sein ne figure pas dans les tableaux des maladies professionnelles, ce qui peut transformer sa reconnaissance comme telle en parcours de la combattante. Sophie Lainault se battait depuis deux ans et demi pour cette reconnaissance, épaulée par des militants CFDT. Elle pourra notamment prendre sa retraite de manière anticipée. 

Jurisprudence

« C'est vraiment mon vœu le plus cher que (cette décision) ouvre la voie à d'autres femmes qui n'auraient pas osé jusque-là engager cette démarche », a confié à l'AFP Sophie Lainault, qui réside à Anglet (Pyrénées-Atlantiques).

Définitive en l'absence d'appel, la décision fait jurisprudence, se félicite son avocate, Me Elisabeth Leroux. « En France, le lien entre le cancer du sein et un certain nombre d'expositions professionnelles a été reconnu - le travail de nuit, les rayonnements ionisants, et maintenant cosmiques, les perturbateurs endocriniens -, pour des infirmières, des ouvrières, des agents de sécurité, mais cette reconnaissance est une première pour une hôtesse de l'air en France. », souligne-t-elle.

Après cette «première, il faut qu'on arrive à convaincre les personnes (travaillant dans le secteur aérien) que c'est possible, et peut-être nécessaire aussi », estime François Dosso, membre de l'équipe cancer du sein de la CFDT. Selon lui, 30 à 40 demandes de reconnaissance sont en cours pour des aides-soignantes et infirmières.

Sollicitée par l'AFP, la compagnie Air France a indiqué qu'elle «n'était pas partie prenante de cette procédure et n'a pas eu connaissance de la motivation de la décision», et assure que « chaque salarié fait l'objet d'un suivi récurrent allant au-delà des minimas réglementaires tant en périodicité qu'en contenu».

Avec près de 13 000 décès annuels, le cancer du sein est le plus meurtrier des cancers chez la femme en France. L'Agence française de sécurité sanitaire (Anses) doit publier à l'automne 2027 les résultats de son expertise sur le lien entre cancer du sein et travail de nuit, rayonnements ionisants ou encore substances chimiques.

Avec AFP

Source : lequotidiendumedecin.fr