Voir le squelette d’un patient « à travers la peau » en temps réel, c’est désormais possible grâce au numérique.
Les entreprises françaises Thales et Surgivisio viennent de mettre au point deux outils susceptibles de sensiblement améliorer le traitement des pathologies ostéo-articulaires : des lunettes à réalité augmentée et un appareil d’imagerie 2D-3D spécifique au rachis. Ces deux projets ont été réalisés à la demande et avec le soutien de la fondation Moveo, qui récolte des fonds pour financer des projets de recherche permettant de moderniser la chirurgie orthopédique.
La France « manque de matériel de pointe dans les salles d’opération notamment pour visualiser le squelette. Notre pays a un retard important dans ce domaine alors qu’il a les compétences pour faire le saut technologique », explique Serge Schoen, président exécutif de Louis Dreyfus Commodities, l’un des membres fondateurs de la fondation.
Savoir-faire made in France
« La réalité augmentée surimpose des images à notre vue. L’entreprise Thales est en avance sur ces technologies. Dans le but d’évaluer l’efficacité de ces lunettes, nous les avons testées sur un jambon cru à l’os », explique le Dr Thomas Gregory, chirurgien orthopédique et fondateur de Moveo. Dans une vidéo de présentation, la magie opère : les os apparaissent à travers la chair. Les chirurgiens vantent les louanges de ce nouveau type de lunettes qui permettent plus de « précision dans l’acte chirurgical », une « réduction de l’erreur humaine » et « transforment la manière d’opérer ». L’entreprise Surgivisio a quant à elle développé un système d’imagerie et de navigation 3D dans le squelette en temps réel peropératoire. L’appareil se place le long du patient et « acquiert automatiquement une série d’images servant à reconstruire en 3D l’anatomie du patient », précise Stéphane Lavallée, le fondateur de l’entreprise. Aucune radiation pour le personnel, aucune gêne pour le patient. « C’est plus simple pour le chirurgien et cela a un côté pédagogique », renchérit le Dr Grégory.
Les deux technologies seront mises au point dans « un bloc opératoire numérique » situé dans les locaux de l’Université Paris-Descartes sur le site des Saint-Pères à partir au premier trimestre 2016. La première phase d’investissement pour le projet de l’entreprise Thales est de l’ordre de huit millions d’euros. « Il faut que nous soyons acteurs afin que les chirurgiens français restent à la pointe, sinon nous subirons la révolution numérique, les technologies viendront de l’étranger », conclut le Dr Grégory.
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