Les autorités sanitaires font-elles correctement leur travail en France ? Non, si l'on en croit « Prescrire ». La revue dévoilera ce jeudi sa liste des « médicaments plus dangereux qu'utiles », ceux pour lesquels elle a demandé aux pouvoirs publics le retrait en raison des risques sanitaires disproportionnés qu'ils présentent par rapport aux bénéfices qu'ils apportent. « Certains sont nouveaux, d'autres sont plus ou moins anciens mais encore autorisés, disponibles et promus » regrette Prescrire dans un courrier adressé il y a quelques jours à ses abonnés pour annoncer cette opération.
Cette liste noire, qui compile les alertes lancées par la revue depuis 2010, fera l'objet d'un dossier spécial à paraître dans le numéro daté de février. Exceptionnellement, ces informations seront publiés en libre accès sur son site Web.
Interpeller l'administration
Une véritable opération de communication qui vise à interpeller les pouvoirs publics accusés par la revue d'exposer les patients à des risques injustifiés « notamment sous la pression d'intérêts particuliers. »
Hasard du calendrier, l'initiative intervient alors que l'Agence nationale de sécurité du médicament annonce la suspension de Diane 35, un antiacnéique également prescrit hors AMM comme contraceptif, mais qui présente selon l'ANSM un rapport bénéfice sur risque insuffisant. En 1982, « Prescrire » alertait la communauté médicale sur les « risques de voir ce médicament antiacnéique [Diane, commercialisé 5 ans avant Diane 35] devenir un contraceptif largement prescrit. » C'est visiblement ce qui s'est passé.
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