La coupe est pleine ! Les 80 médecins régulateurs libéraux du SAMU de Haute-Garonne assurant la régulation des appels téléphoniques ont lancé une grève illimitée depuis le 1er janvier.
Par ce mouvement, ils veulent alerter sur les conditions de travail dégradées en raison du manque d'effectifs et la disparité de rémunération par rapport à d'autres médecins dans d'autres régions. Selon le Dr François Escat, urgentiste et membre de l'association Regul 31, l'activité demandée aux médecins régulateurs a atteint « un point critique ».
« Nous étions sept médecins régulateurs pour répondre aux 240 appels par heure ces dernières semaines. Dimanche dernier, j'étais de garde. Il y avait une heure et quart d'attente au téléphone avant que le médecin régulateur puisse prendre l'appel. Ce n'est plus supportable et très risqué pour les patients », dénonce le Dr Escat au « Quotidien ».
Mieux rémunérer les médecins
Face à cette hausse d'activité « constante », le service peine à recruter des médecins dans le département, déplore le Dr Escat. Selon lui, pour séduire davantage de volontaires, la première solution consiste à améliorer la rémunération proposée actuellement par l'agence régionale de santé. « Nous sommes payés 75 euros brut de l'heure alors que dans d'autres départements, des médecins touchent 92 euros, voire 115 euros. Pourquoi ne pas appliquer la même rémunération pour tous ? », dit-il.
Par ailleurs, toujours selon l'urgentiste, l'autre solution implique une responsabilisation plus importante des patients. « Il faut un système de franchises ou de pénalités pour les appels au 15 non justifiés », martèle-t-il. Faute de réponses concrètes, le Dr Escat prévient : « Sur les 80 médecins régulateurs, la moitié sont des retraités donc non réquisitionnables et sur l'autre moitié, beaucoup sont prêts à jeter l'éponge. »
Ce mouvement de grève est soutenu par tous les médecins régulateurs et effecteurs d'Occitanie, adhérents à l'association PDSa d'OC (permanence des soins ambulatoire d'Occitanie). Cette dernière vient d'adresser un courrier à la ministre de la Santé pour l'alerter sur un système de garde « à bout de souffle ».
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