LE Pr Loïc CAPRON est monté au front cet été, il ne reculera pas. Fort du soutien de la CME (Commission médicale d’établissement) de l’AP-HP, qu’il préside, il réclame une fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu « sans délai ». « On ne soigne pas dans un hôpital où il n’y a plus rien », clame-t-il.
L’hématologie, la gynécologie, la réanimation ainsi que la chirurgie générale et thoracique ont déjà quitté les lieux... Des urgences seules, ou presque, n’ont plus de sens, fussent-elles placées devant le parvis hyperfréquenté de Notre-Dame : la défense de la sécurité et de la qualité des soins dicte ce choix, plaide le Pr Capron. Les finances aussi. Reporter la fermeture, comme l’a décidé Marisol Touraine en juillet, « c’est ne faire aucun cas de la situation économique de l’AP-HP ».
Crispation, toujours.
Sans doute le président de la CME, moins exposé, est-il mieux placé que la directrice générale du CHU pour contester la parole ministérielle. Officiellement, il n’est plus question de fermer les urgences du plus vieil hôpital parisien le 4 novembre prochain, lors du turn over des internes. Le siège de l’AP-HP adopte un silence de prudence et ne mentionne plus de date.
Dans les faits, une extinction au fil de l’eau se profile malgré tout. Des consignes vont être données aux pompiers - peut-être est-ce déjà fait - afin de dévier les urgences vers d’autres hôpitaux parisiens. La baisse de régime visée devrait être progressivement compensée par des consultations H24 de médecine générale. Une première étape dans la transformation de l’Hôtel-Dieu en « hôpital debout » - comprendre sans lit.
Les opposants au projet, eux, ne désarment pas. Portés par l’intervention de la ministre sur le dossier, ils espèrent que cette dernière n’en restera pas là. La CGT santé réclame un grand débat public. La sénatrice communiste du Val-de-Marne, Laurence Cohen, a fustigé début août la tentative de transfert des lits de médecine interne de l’Hôtel-Dieu vers Cochin. Halte au « démantèlement larvé » de l’établissement, s’est insurgée la parlementaire.
Enjeu électoral.
Les médecins de l’AP-HP paraissent peu nombreux derrière le Dr Gérald Kierzek, qui mène la fronde contre la fermeture des urgences. Isolé, l’urgentiste ? « Certains attendent de récupérer l’activité de l’Hôtel-Dieu. La loi HPST et la T2A nous divisent », avance le praticien. Qui attend « le salut de l’extérieur ». « C’est aux politiques de taper du poing sur la table, et de dire à l’administration ce qu’il faut faire, reprend le médecin. Il faut garder un hôpital de proximité au cœur de Paris. Attention aux superstructures, comme à Marseille. C’est l’attente qui crée de la violence aux urgences ».
Le président de la CME, lui, refuse que l’Hôtel-Dieu se mue en enjeu électoral. Il rencontre la candidate socialiste Anne Hidalgo ces jours-ci pour la convaincre de rester hors du jeu. Cet été, durant son offensive médiatique, le Pr Capron a sorti cette phrase à l’emporte-pièce : « C’est Kierzek ou moi, alerte contre alerte, ils doivent choisir ». Rectification de Kierzek : « C’est Capron ou Touraine. La ministre a dit : "on ne touche pas aux urgences". Ça veut dire : "on ne touche pas au reste, et on laisse la médecine interne sur place". Marisol Touraine est au milieu du gué. Elle doit aller jusqu’au bout ».
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