LA RECHERCHE reste une priorité pour la SFR, qui travaille de concert avec le CERF dans ce domaine. Même si rares sont les autres spécialités où les innovations majeures se succèdent à un tel rythme, cette société savante entend bien continuer sur sa lancée. « Il n’est pas question de nous endormir sur nos acquis ! De nouvelles techniques arrivent, qui pourraient bien révolutionner la médecine de demain, tout comme l’ont fait les techniques d’imagerie en coupe (scanner, échographie et IRM) ces dernières années et comme l’a fait plus récemment le TEP-Scanner », explique le Pr Cuénod.
Coups de pouce aux jeunes chercheurs.
Et pour toujours garder une longueur d’avance, SFR et CERF n’hésitent pas à aider les jeunes chercheurs. La tache est immense : ils ont besoin de mieux connaître les filières dans lesquelles ils peuvent faire leurs études. Ils ont aussi besoin de trouver des laboratoires d’accueil et d’obtenir des bourses pour financer leur projet de recherche (un master en imagerie, un doctorat en sciences ou un stage de post-doctorat à l’étranger), d’où l’intérêt d’un partenariat avec les industriels. « Enfin, pour les aider à faire connaître leurs travaux, nous attribuons un prix de communication aux jeunes chercheurs lors des Journées françaises de radiologie (JFR), en leur demandant de présenter ce qu’ils ont fait au cours de leur master ou leur doctorat », précise le Pr Cuénod.
Pour réussir ce pari audacieux, une des recettes de la SFR est d’inviter pendant les JFR en un même lieu convivial au Palais des Congrès, baptisé « carrefour de la recherche » (au niveau 1, à côté du foyer des internes), à la fois les jeunes chercheurs, les start-up, les industriels et les radiologues. Quant au CERF, qui s’occupe plus précisément de la formation universitaire des internes, il a mis au point un nouveau module de sensibilisation à la recherche ouvert aux internes en DES de radiologie. De quoi susciter toujours plus de nouvelles vocations…
Encore des progrès attendus du côté de l’IRM.
« En radiologie, on se retrouve avec une situation un peu paradoxale : beaucoup des progrès qui ont été faits en médecine dans les 30 à 40 dernières années ont été faits en imagerie. Pour preuve, rares sont les bilans qui se font aujourd’hui sans imagerie ! Pour autant, les congrès ont souvent fait la part belle à la pratique (formation continue) et aux techniques éprouvées qui intéressent les radiologues dans leur activité quotidienne, mais tendent à porter moins d’attention aux réelles innovations jugées parfois utopistes », poursuit le Pr Cuénod. C’est pourquoi la SFR met autant d’énergie à mettre en avant ce pôle « recherche et innovations ».
Il existe plusieurs exemples de machines ou de techniques qui apparaissent aujourd’hui futuristes, mais qui pourraient bien faire partie de la pratique courante de demain. Même si elles sont encore en développement, n’ont pas encore été suffisamment évaluées et ne font pas l’objet d’une cotation, il est néanmoins important de savoir de quoi il s’agit. « Par exemple après le TEP-Scan, la recherche se tourne désormais vers le TEP-IRM, signale le Pr Cuénod. Cet appareil couple deux techniques très sophistiquées et chères : une caméra PET à une IRM, afin d’obtenir à la fois des données d’imagerie morphologiques et fonctionnelles : par exemple, en imagerie cardiaque, un tel examen permettrait d’obtenir simultanément des données morphologiques - contractions, volumes d’éjection – et des données fonctionnelles comme la consommation de glucose ».
Autre nouveauté à venir : l’IRM à très haut champ magnétique. « Après les IRM à 3 Teslas, l’IRM à 7 Teslas verrait sa sensibilité encore augmenter puisqu’elle est (en théorie) proportionnelle au carré du champ… mais les difficultés techniques encore non maîtrisées, augmentent également ! ».
Et si les IRM de demain intéressent autant les radiologues, c’est bien parce qu’elles ne posent pas de problème d’irradiation. Or dans un domaine comme celui de la cancérologie où les patients sont suivis de façon très répétée, cet avantage peut être appréciable. « C’est aussi pourquoi l’IRM corps entier est une troisième innovation potentiellement très intéressante, notamment pour réaliser des bilans de métastases. Cet examen est en effet très sensible (notamment en séquence de diffusion) pour dépister les lésions osseuses (un peu moins pour les lésions pulmonaires). Pour autant, « l’IRM corps entier » reste un examen relativement long faisant encore l’objet d’études comparatives avec le scanner et le TEP-scan et qui en attendant leurs résultats, ne peut bénéficier d’une nomenclature. Cette absence de nomenclature a de quoi freiner son développement, comme elle gêne la réalisation du scanner thoraco-abdomino-pelvien, qui compte pour un seul acte, alors qu’il demande plus de temps au radiologue pour le réaliser et l’interpréter qu’un simple scanner thoracique », regrette le Pr Cuénod. En attendant que la nomenclature évolue, certains centres hospitaliers pionniers développent tout de même cette technique « d’IRM corps entier » très prometteuse pour les patients traités pour cancer. À suivre de près
*D’après un entretien avec le Pr Charles André Cuénod, secrétaire général adjoint de la SFR, hôpital Européen Georges Pompidou, Paris.
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