« UN MÉDICAMENT peut être à l’origine de presque toutes les maladies pulmonaires, que ce soit en aigu ou en chronique. Avec les infections, c’est l’une des rares maladies pulmonaires pour lesquelles la soustraction de la cause améliore ou guérit bien souvent la pathologie : il faut donc y penser tout le temps. Ce n’est pas très fréquent, mais lorsque cela se produit, c’est très payant » explique le Pr Camus. Sur quelque 450 produits susceptibles d’être en cause, soixante pathologies différentes peuvent survenir. Par exemple, dans les bronchospasmes, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les bêtabloquants arrivent en tête, dans la toux et les œdèmes laryngés, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion. Dans les pathologies interstitielles, ce sont surtout l’amiodarone, certaines chimiothérapies et la nitrofurantoïne, dans l’HTAP, les anorexigènes d’autrefois.
Avec ses 16 000 références, Pneumotox est une mine d’informations et a, en outre, l’avantage d’être très réactif et de permettre d’intégrer rapidement les résultats d’une nouvelle étude. La recherche est très facile pour un médecin qui a besoin d’un renseignement en consultation (savoir, par exemple, si un médicament peut être en cause dans la pathologie présentée par son patient). « Notre objectif était vraiment d’éviter que le médecin manque un diagnostic parce qu’il n’a pas l’information au bon moment. Nous voulions en outre que cela ne coûte rien à l’utilisateur et que cette base soit accessible dans tous les pays (de fait, nous allons probablement passer à l’anglais) », souligne le Pr Camus. « Grâce à la Direction générale de la santé, une subvention vient de permettre de développer une application de Pneumotox sur iPhone (bientôt sur les autres Smartphones) : les données de notre base sont donc devenues accessibles au lit du malade.
» Pneumotox peut bien sûr être consulté directement.
Comment bien utiliser Pneumotox.
Ce n’est pas parce qu’un tableau peut être en lien avec un médicament donné que ce dernier est forcément en cause. Aussi, Pneumotox ne dispense pas d’un diagnostic et donc de s’assurer de la prise réelle du produit suspect, de l’émergence des symptômes après le début du traitement, de la normalité des examens complémentaires avant celui-ci et, enfin, de l’absence de surdosage ou d’interaction médicamenteuse. Il faut notamment penser à demander à ses patients s’ils ne prennent pas des produits de phytothérapie susceptibles d’interférer avec le traitement, voire des drogues illicites.
« Ces précautions sont indispensables si l’on veut éviter d’arrêter un médicament à mauvais escient, au risque d’entraîner une aggravation de la pathologie pour laquelle il était prescrit. La règle est d’ailleurs de toujours demander à son prescripteur, le cas échéant, comment le remplacer. Ensuite, lorsque le produit est arrêté, il est essentiel de vérifier que cela se traduit bien par une amélioration des symptômes avec une récupération totale », insiste le Pr Camus.
Si Pneumotox est désormais bien entré dans les habitudes diagnostiques des praticiens, son utilisation à titre préventif doit encore être développée. « L’idéal est de demander un bon bilan d’imagerie, avant de prescrire un médicament (chimiothérapie, amiodarone, cortisone, anti-TNF, etc.) susceptible d’engendrer une pathologie pulmonaire, pour avoir ensuite des points de comparaison. C’est cela que nous voulons désormais développer », conclut le Pr Camus.
D’après un entretien avec le Dr Philippe Camus, CHU de Dijon, à l’origine de la base de données Pneumotox.
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