Les médecins ont-ils tout pardonné à Alain Juppé et à François Fillon ? Le maire de Bordeaux, combattu en 1995 pour sa réforme de l’Assurance-maladie, mène depuis plusieurs semaines une opération de séduction auprès des libéraux. Avec succès, semble-t-il. Quant au second, il a récemment été ovationné au congrès du SML. Oubliée la loi HPST, mise en place par le gouvernement Fillon et par Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé ?
Les médecins auraient-ils la mémoire courte ? « Ils ne sont pas dupes des visées électoralistes, estime le Dr Michel Chassang, président de la CSMF pendant 12 ans et aujourd’hui patron de l’UNAPL. Mais leurs relations avec les politiques ont toujours été compliquées. C’est un peu “ Je t’aime, moi non plus ”. »
« Je ne crois pas un seul instant à ce qu’il raconte, confie au ” Quotidien ” un observateur avisé du monde syndical. Si le TPG est mis en place, ce qui n’est pas une mince affaire d’un point de vue technique, il ne sera jamais retiré ! Il faudrait aller contre l’intérêt de la population qui est aujourd’hui favorable à cette mesure. Et ça, aucun homme politique ne s’y risquera. »
Jérôme Marty, président de l’UFML, est tout aussi sceptique : « Il y aura quelques aménagements, mais l’esprit de la loi restera. En bref, quelques meubles seront sortis mais la maison restera en place et le loyer sera toujours aussi cher. »
Les syndicats de médecins ne tournent pas le dos aux politiques, bien au contraire. Ils trouvent en eux des alliés de circonstance, explique un syndicaliste, pour mettre la pression sur le gouvernement, faire passer un amendement… « Mais c’est une arme à double tranchant. Si vous êtes catalogué dans l’opposition, cela devient plus difficile d’avoir l’oreille du gouvernement et d’obtenir des choses. Il faut savoir doser subtilement », nuance-t-il.
Michel Chassang, aguerri aux combats syndicaux, ne dit pas autre chose : « Il ne faut pas être naïf face aux politiques. Un syndicat doit à tout prix préserver son indépendance. »
En ces périodes pré-électorales, les courtisans ne manquent pas. Il y a quelques jours, Xavier Bertrand posait en compagnie de médecins anti-tiers payant.
[]Nicolas Dupont-Aignan s’affichait, lui, à l'hôpital Cochin aux côtés des professionnels opposés au projet de loi santé de Marisol Touraine. Quant à Bruno Lemaire et Nicolas Sarkozy, ils ont pris position depuis plusieurs mois contre la généralisation du tiers payant, une mesure démagogique et contre-productive selon l’ex-président de la République. Tentative de récupération ou engagement sincère ? L’avenir le dira.
Les médecins auraient-ils la mémoire courte ? « Ils ne sont pas dupes des visées électoralistes, estime le Dr Michel Chassang, président de la CSMF pendant 12 ans et aujourd’hui patron de l’UNAPL. Mais leurs relations avec les politiques ont toujours été compliquées. C’est un peu “ Je t’aime, moi non plus ”. »
Abroger le tiers payant généralisé, la promesse d'Alain Juppé aux médecins
Faut-il croire Alain Juppé lorsqu’il promet « d’abroger le tiers payant généralisé » ? Là encore, les médecins ne sont pas naïfs.J'abrogerai le tiers payant généralisé qui déstabilise la médecine libérale. #LeGrandJury
— Alain Juppé (@alainjuppe) October 4, 2015
« Je ne crois pas un seul instant à ce qu’il raconte, confie au ” Quotidien ” un observateur avisé du monde syndical. Si le TPG est mis en place, ce qui n’est pas une mince affaire d’un point de vue technique, il ne sera jamais retiré ! Il faudrait aller contre l’intérêt de la population qui est aujourd’hui favorable à cette mesure. Et ça, aucun homme politique ne s’y risquera. »
Jérôme Marty, président de l’UFML, est tout aussi sceptique : « Il y aura quelques aménagements, mais l’esprit de la loi restera. En bref, quelques meubles seront sortis mais la maison restera en place et le loyer sera toujours aussi cher. »
Alliance de circonstance
« Quand ils sont dans l’opposition, les politiques ont tendance à caresser dans le sens du poil les médecins. Quand ils sont aux manettes, ils font l’inverse. Cela ne date pas d’aujourd’hui », analyse Michel Chassang.Les syndicats de médecins ne tournent pas le dos aux politiques, bien au contraire. Ils trouvent en eux des alliés de circonstance, explique un syndicaliste, pour mettre la pression sur le gouvernement, faire passer un amendement… « Mais c’est une arme à double tranchant. Si vous êtes catalogué dans l’opposition, cela devient plus difficile d’avoir l’oreille du gouvernement et d’obtenir des choses. Il faut savoir doser subtilement », nuance-t-il.
Michel Chassang, aguerri aux combats syndicaux, ne dit pas autre chose : « Il ne faut pas être naïf face aux politiques. Un syndicat doit à tout prix préserver son indépendance. »
En ces périodes pré-électorales, les courtisans ne manquent pas. Il y a quelques jours, Xavier Bertrand posait en compagnie de médecins anti-tiers payant.
[]Nicolas Dupont-Aignan s’affichait, lui, à l'hôpital Cochin aux côtés des professionnels opposés au projet de loi santé de Marisol Touraine. Quant à Bruno Lemaire et Nicolas Sarkozy, ils ont pris position depuis plusieurs mois contre la généralisation du tiers payant, une mesure démagogique et contre-productive selon l’ex-président de la République. Tentative de récupération ou engagement sincère ? L’avenir le dira.
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