LE CLIP qui sera diffusé à partir de demain sur le Web et sur différentes chaînes de télé (France Télévision, Canal Plus, Arte, M6…) évoque un phénomène « courant et banalisé » : les violences ordinaires faites aux enfants, explique le Dr Gilles Lazimi, l’un des coordonnateurs de la campagne signée par la Fondation de France. Attablée pour prendre son goûter, cette fillette, qui renverse malencontreusement son verre, se voit sanctionner d’une belle gifle maternelle. De la cuisine, la grand-mère suit la scène puis s’approche de sa fille qui croit, à son tour, être frappée. Au lieu de cela, la grand-mère l’entoure de ses bras et lui susurre « Pardonne-moi ». « Des parents qui battent ont souvent été battus. Éduquons sans violence », propose la voix off.
Cette campagne, la première du genre, « n’a pas pour but de culpabiliser les parents ni les grands-parents », indique Gilles Lazimi, directeur du centre municipal de santé de Romainville (93). Très engagé sur ce sujet (il fait partie du comité de parrainage de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire), il souhaite plutôt les inciter à « réfléchir, à discuter et peut-être à changer ». « Quand j’interroge mes patients, je suis étonné par le nombre d’adultes qui ont été victimes de punitions corporelles. Or les claques, les fessées ne sont pas toujours anodines : comment peut-on savoir où se situe la limite au-delà de laquelle elles peuvent avoir des conséquences ? Nous cherchons à aider les parents qui ne comprennent pas toujours pourquoi ils réagissent de manière violente », souligne le Dr Lazimi, qui parle d’une « logique invraisemblable ». Selon une enquête menée par l’Union des familles européennes en 2006, 85 à 87 % des grands-parents et parents déclarent avoir recours aux punitions corporelles.
Question éthique.
Différents facteurs augmentent le recours à de telles punitions : les antécédents, mais également la colère parentale, voire le système de croyance. « Il y a une question éthique derrière ce phénomène. Pourquoi aurait-on le droit de frapper les enfants ? Quelle justification peut-on donner ? L’enfant n’est pas un être mauvais en soi qu’il faudrait dresser. Près de la moitié des parents commencent à frapper leurs enfants avant qu’ils aient 2 ans. À cet âge, l’enfant ne peut pas comprendre ce qui se passe. Les coups ne sont pas la bonne méthode : ils ne sont pas efficaces et entraînent un rapport de force. Ils n’ont jamais pour effet d’améliorer les apprentissages », déplore le médecin généraliste. Pour lui, la violence au quotidien est inutile y compris les petites fessées, car elles conduisent à une escalade. « On peut faire autrement », assure-t-il, en indiquant que les enfants battus sont plus tristes et ont souvent moins d’empathie envers les autres.
La campagne de sensibilisation se poursuivra jusqu’au 30 avril, date de la journée internationale contre les violences éducatives en France. « C’est un travail de fond », plaide Didier Chanal, directeur des missions sociales pour la Fondation pour l’enfance, qui rappelle que 28 pays européens ont aboli la fessée à travers une loi.
* Informations sur les sites de la Fondation (fondation-enfance.org), celui de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (oveo.org) et celui de l’association « Ni claques ni fessées » (niclaquesnifessees.org).
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