De nouvelles analyses semblent confirmer l'inquiétude des riverains concernant la pollution au plomb autour de l'ancienne usine Metaleurop dans le Pas-de-Calais, fermée depuis 2003. Une campagne de dépistage du saturnisme, lancée cet été par l'Agence régionale de santé (ARS) Hauts-de-France, révèle sept cas de saturnisme (taux de plomb > 50 µg/litre de sang) et 61 imprégnations élevées (25 à 50 µg/l) sur 889 enfants testés.
Ces analyses avaient été annoncées en juin par la préfecture et l'ARS, dans le but de « répondre à l'inquiétude » de la population sur les conséquences sanitaires de l'exploitation de cette usine qui a rejeté pendant des décennies des métaux lourds (plomb et cadmium) dans l'air. Le dépistage concernait les moins de 18 ans d'Évin-Malmaison, de Courcelles-lès-Lens, de Noyelles-Godault, de Leforest et de Dourges. Les premiers résultats dévoilés sont partiels, précise l'ARS, car ils ne concernent que 889 enfants, soit 11,7 % de la population cible.
Les familles des enfants atteints de saturnisme « ont fait l'objet d'une visite au domicile » pour mener des « investigations », explique l'ARS, soulignant que pour trois enfants, « au moins une autre source d'exposition potentielle au plomb, liée au mode de vie ou à l'habitat, a été identifiée ».
Les familles des 61 enfants au taux élevé se verront « apporter des explications sur les sources d'exposition possibles au plomb et des recommandations ».
Cinq écoles concernées
La préfecture a de son côté annoncé que la teneur en plomb dans le sol de cinq écoles (sur les cinq premiers centimètres) était plus élevée que la limite de 300 mg/kg fixée par les autorités. Le maximum est de 995 mg/kg dans l'école Léon-Blum d'Évin-Malmaison situé à 4 km du site. Deux autres écoles de la ville sont concernées, ainsi que deux établissements de Courcelles-lès-Lens (à 2 km).
La préfecture recommande « d'empêcher l'accès aux sols non recouverts (terres à nu, pelouses) de plusieurs espaces qui peuvent être fortement fréquentés par les enfants ».
Les maires des deux communes ont mis en place depuis la rentrée « des dispositifs provisoires pour interdire l'accès à ces espaces » et les directeurs d'école ont informé les familles « sur le dépistage à réaliser », ajoute l'ARS.
« C'est ce qu'on redoutait. Ça fait des années qu'on dit que la pollution ne s'est pas arrêtée, a réagi auprès de l'AFP Bruno Adolphi, président de l'association de riverains Pige à l'origine d'une plainte contre l'État. Il faut impérativement nettoyer les sols dans lesquels se trouvent ces métaux lourds. »
Leur avocat, Me David Deharbe, qui représente aussi la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin, a écrit au préfet du Pas-de-Calais pour demander des « mesures de sûreté pour les enfants et un diagnostic sur la source de pollution dans les sols ».
À la fermeture de l'usine Metaleurop en 2003, la zone était considérée comme la plus polluée de France. Cinq communes (24 000 personnes) sont concernées depuis 1999 par une restriction de l'usage des sols.
Une équipe de l'émission d'investigation « Vert de rage », sur France 5, qui a enquêté sur cette pollution, estimait fin avril que 5 815 enfants pourraient avoir été atteints de saturnisme entre 1962 et 2020, dont une centaine depuis 20 ans. La préfecture avait alors répondu qu'un seul cas avait été enregistré depuis 10 ans dans la zone.
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