-› Si la varicelle est une maladie essentiellement pédiatrique, le plus souvent bénigne, sa survenue chez l'adulte expose à de graves complications. Les formes sévères de varicelle sont en effet 6 à 15 fois plus fréquentes chez l'adulte que chez l'enfant de 1 à 9 ans et le taux de mortalité est 24 fois plus élevé chez l'adulte que chez les 1-4 ans (1).
-› Au premier rang de ces complications figure la pneumopathie varicelleuse. C'est elle qui détermine le pronostic de la varicelle chez l'adulte : elle est en effet responsable de 30 % des décès enregistrés au cours de la varicelle de l’adulte immunocompétent (2). En cas de grossesse, le risque d'atteinte pulmonaire est estimé à 20 % (1). La pneumopathie varicelleuse survient le plus souvent 3 à 5 jours après le début des signes. Cliniquement, on observe toux, dyspnée ou tachypnée, fièvre, correspondant au plan radiologique à une pneumopathie interstitielle ou à des infiltrats alvéolaires diffus, et le tableau peut aller jusqu'au syndrome de détresse respiratoire aiguë. Il arrive cependant que la pneumopathie n'ait aucune traduction clinique, se limitant à des signes radiologiques. Le tabagisme est reconnu comme étant un facteur de risque.
Autres complications majeures : les atteintes neurologiques, telles que les méningites, encéphalites (pour lesquelles le taux de mortalité est estimé entre 15 et 20 %), myélites, polyradiculonévrite, cérébellites. Au plan hématologique, le virus varicelle-zona peut induire une thrombocytopénie, à l'origine d'un purpura thrombopénique potentiellement source de complications hémorragiques.
-› Dans ses recommandations vaccinales 2012, le Haut Conseil de la santé publique précise que si la vaccination généralisée n'est pas à l'ordre du jour, elle est recommandée dans les populations suivantes (3) :
- Adolescents de 12 à 18 ans sans antécédent clinique de varicelle ou dont l’histoire est douteuse ;
- Femmes en âge de procréer, notamment celles ayant un projet de grossesse, et sans antécédent clinique de varicelle ; dans ce contexte, s'assurer de l'absence de grossesse en cours et prescrire une contraception efficace de 3 mois après chaque dose de vaccin ;
- Femmes sans antécédent clinique de varicelle ou à l’histoire douteuse, dans les suites d’une première grossesse ;
- Adultes de plus de 18 ans exposés à la varicelle, immunocompétents sans antécédent de varicelle ou à l’histoire douteuse, dans les trois jours suivant l’exposition à un patient avec éruption ;
- Toute personne sans antécédent de varicelle ou à l’histoire douteuse et dont la sérologie est négative, en contact étroit avec des personnes immunodéprimées ;
- Enfants candidats à une greffe sans antécédent connu de varicelle et dont la sérologie est négative.
1- Ovetchkine P. Varicelle. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Maladies Infectieuses, 8-051-A-10, 2007.
2- SPILF. Prise en charge des infections à VZV. Méd Mal Infect 1998;28:1-8.
3- InVS. Le calendrier des vaccinations et les recommandations vaccinales 2012 selon l’avis du Haut Conseil de la santé publique. BEH 10 avril 2012. N° 14-15.
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