Brève

72 % des médecins estiment manquer de temps pour accomplir leur travail

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Publié le 25/01/2018
visuel PH fatigué

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Crédit photo : GARO/PHANIE

Les médecins hospitaliers au travail sont presque des Français comme les autres. Mais ils se singularisent sur un critère essentiel, le manque de temps. Ils sont 72 % pour estimer manquer de temps pour accomplir leur travail. Le résultat est rigoureusement inverse pour les autres catégories de français (71 %), selon les résultats du sondage "baromètre Santé 360° réalisé par Odoxa pour MNH GROUP, la FHF et Orange Healthcare. « Il s'agit bien d'un moment clé pour l'hôpital public, a reconnu Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF). Selon la perception des médecins, leurs conditions de travail se dégradent. Comment alors renforcer l'attractivité de l'hôpital ? » Ce ressenti des médecins est d'autant plus signifiant qu'il s'associe à une autre donnée, le manque de pause dans la journée. Là encore les médecins se distinguent des autres professionnels. Ils sont en effet 60 % pour regretter le manque de pause dans la journée. Les autres Français en revanche estiment à 82 % disposer suffisamment de moments de détente dans la journée. Or « c'est un critère essentiel pour évaluer les risques psychosociaux », estiment Gaël Slimane (Odoxa). Ce sondage témoigne à la suite de nombreuses enquêtes réalisées récemment d'un mal-être des médecins à l'hôpital. D'autant que cet exercice professionnel difficile s'associe à un déficit marqué de reconnaissance et de perspectives d'évolution de carrière. 60 % des médecins jugent que leur travail n'est pas reconnu à sa juste valeur. 61 % estiment que leurs perspectives d'évolution ne sont pas motivantes. « Comment alors redonner du vrai temps, s'interroge le Dr Philippe Denormandie, directeur des relations médicales de MNHGroup (actionnaire de GPSanté). Il s'agit bien là d'un enjeu essentiel. Les contraintes professionnelles deviennent intolérables lorsque vous avez le sentiment de ne pas être reconnus. » En tout état de cause, loin du débat académique, il y a bien là une urgence médicale.      


Source : lequotidiendumedecin.fr