La HAS recommande le test HPV en dépistage primaire chez les femmes de plus de 30 ans

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Publié le 11/07/2019

Crédit photo : Phanie

Alors que l'Institut national du cancer (INCa) a lancé début 2019 le déploiement du dépistage organisé (DO) du cancer du col de l'utérus chez toutes les femmes de 25 à 65 ans – aujourd'hui par le frottis cervico-utérin (FCU) -, la Haute Autorité de santé (HAS) vient de rendre son avis sur la place du test HPV.

Sans surprise – l'INCa ayant déjà formulé un avis favorable fin 2016 –, la HAS « propose aux pouvoirs publics » que le test HPV soit recommandé en 1re intention chez les femmes de plus de 30 ans à la place de l'examen cytologique de première intention. Un FCU sera réalisé en triage en cas de test HPV positif. Si le FCU s'avère également positif, une colposcopie sera réalisée. Si le FCU revient négatif, un contrôle HPV sera réalisé à 12 mois. Avant 30 ans, le FCU reste l'examen à réaliser en dépistage primaire, les infections HPV transitoires étant très fréquentes à cet âge.

Un bouleversement des pratiques très attendu

« Cela va bouleverser dans les mois à venir les pratiques des gynécologues, des sages-femmes et des médecins généralistes, explique le Dr Joseph Monsonégo, gynécologue à Paris et membre du groupe de travail de la HAS. La France prend le train en marche et se met au diapason de ce qui a été démontré dans les études et mis en place ailleurs à l'étranger. »

Chez les femmes de plus de 30 ans, le test HPV s'avère nettement plus efficace pour réduire l'incidence du cancer du col de l'utérus. De plus, alors que la couverture du dépistage reste insuffisante, actuellement stagnant à 60 %, le recours au test HPV permet d'allonger en toute sécurité l'intervalle à 5 ans en cas de test négatif.

Les auto-prélèvements d'abord dans des populations ciblées

Le test HPV présente l'avantage supplémentaire de se faire par auto-prélèvement vaginal. La HAS recommande cette modalité chez les femmes de plus de 30 ans qui ne se font pas dépister régulièrement ou qui sont éloignées du système de soins. Est-il question de l'envisager à terme en population générale ? « Des expérimentations d'utilisation de ces tests d'auto-prélèvement devront être menées en population générale afin d'en évaluer l'acceptabilité, l'efficacité et l'efficience dans le contexte français », est-il indiqué dans le communiqué de l'agence sanitaire.

Conditions au bon déploiement

Dans son travail, la HAS indique avoir identifié « des conditions au bon déploiement du dépistage par test HPV ». Elle recommande notamment la mise en place d'un système d'assurance-qualité, « s'appuyant notamment sur une accréditation des laboratoires de biologie médicale », est-il précisé. Des actions de communication et d'information sont également conseillées « auprès des professionnels de santé et des femmes concernées ». À cela devra s'ajouter une évolution de la codification de l'acte de dépistage et une prise en charge intégrale par l'assurance-maladie, sans avance de frais, pour la réalisation du test HPV tous les 5 ans chez les femmes de 30 à 65 ans.

Alors quand interviendra en pratique la bascule vers le test HPV ? Des voix se sont fait entendre pour dénoncer la lenteur des autorités, notamment le collectif « HPV maintenant ». L'INCa avait argumenté qu'il était préférable de mettre en place l'organisation du DO avant d'introduire « à terme » le test HPV. La question reste ouverte, la décision étant entre les mains des pouvoirs publics.


Source : lequotidiendumedecin.fr