Les rendez-vous non honorés font perdre aux patients des dizaines de milliers de plages de consultations, voire d'interventions chirurgicales. La totale impunité des patients indélicats ne les incite pas à changer de comportement. Compte tenu des difficultés d'accès aux soins, il est urgent de légiférer sur ce fléau.
Toutes les sociétés proposant des services distants dans le temps l'ont compris (voyages, chambres d'hôtel, places de spectacle, etc.), les réservations non honorées ont des conséquences financières importantes. Elles font donc payer d'avance et ne remboursent rien si le client ne consomme pas le service.
Bien sûr il nous est interdit de faire payer un acte qui n'a pas été exécuté. Mais il est tout à fait possible de faire payer un droit de réservation En pratique, un patient prend un rendez-vous. Il communique son numéro de carte bancaire. Il est facturé par exemple 25 euros pour profiter de ce service de réservation, qui lui permet d’être reçu par un médecin en temps et en heure. Ces 25 euros ne sont encaissés que s'il n'honore pas son rendez-vous.
Le médecin ne peut pas encaisser ces 25 euros. La plateforme de rendez-vous le peut, car elle a vendu un service. Le patient a consommé un service, qui est gratuit s'il s'engage à respecter les termes de ce service. Sinon, ce service est payant. Et pour un rendez-vous opératoire, le tarif peut être plus élevé.
Pour « moraliser » cette pratique, on peut imaginer que les sommes ainsi récoltées seront en partie utilisées pour alimenter les fonds de formation des médecins (ou des professions de santé, car il peut être étendu aux kinés, dentistes, infirmières, etc.). On peut même imaginer un système d'assurance, payant, permettant au patient de se faire rembourser ce droit à réservation en cas de force majeure (panne de voiture, événement familial, etc.).
Bien entendu, les plateformes de rendez-vous ne sont pas favorables à ce système, elles ont trop peur que les patients ne les utilisent plus. Et comme ce sont leurs abonnés médecins qui les financent, ces rendez-vous manqués leur importent peu. En revanche, si une loi leur imposait ce dispositif, elles ne redouteraient pas d’être un peu impopulaires, ou d’être concurrencées par des opérateurs n'appliquant pas de droit à réservation.
De plus, ces rendez-vous manqués sont un fléau encore plus important pour les hôpitaux (dans l’indifférence absolue des administratifs). Ils ne seraient sans doute pas contre un moyen de récolter un peu de sous pour combler leur déficit chronique.
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