L'association « Osez le féminisme ! » dénonce les discriminations sexistes dans la prise en charge médicale

Publié le 01/03/2019
Osez le féminisme

Osez le féminisme
Crédit photo : DR

Douleurs minimisées, patientes pas prises au sérieux, voire agressées sexuellement : les femmes sont moins bien soignées que les hommes, s'indigne l'association « Osez le féminisme ! », qui a annoncé jeudi le lancement d'une campagne nationale sur ce sujet. La nouvelle campagne de l'association sera visible le 8 mars, Journée de la femme. Intitulée « A notre santée (sic), pour une santé féministe des filles et des femmes », elle se déclinera sous forme d'événements et de tables rondes dans plusieurs villes. « L'objectif est que nous ne soyons plus en danger quand nous avons besoin de soins, que nous soyons respectées dans notre dignité », souligne Cécile Werey, sa coordinatrice. 

Les femmes pâtissent de « différences de prise en charge » entre patients des deux sexes qui sont « préjudiciables à leur santé », affirment les militantes de cette association, évoquant un risque accru de « sous-diagnostic pour certaines maladies », et la méconnaissance de certains « symptômes spécifiques » aux femmes.

Selon une étude menée en ligne l'an dernier par l'association, et à laquelle ont répondu 2 286 femmes de 18 à 80 ans (échantillon non représentatif), de nombreuses femmes expriment le sentiment qu'en tant que patiente, on ne les prend pas au sérieux. 

« Comme je suis une femme, on part du principe que je suis douillette et on ne me donne pas de traitement ou on ne me prescrit pas les examens nécessaires », déplore ainsi l'une des participantes, citée dans l'enquête.

« Si un homme s'était présenté chez le médecin avec un dixième des douleurs que je ressens lors de mes règles, je suis convaincue qu'il aurait été hospitalisé immédiatement, raille une autre. « Mais puisque "les filles sont des chochottes" et que souffrir le martyre pendant ses règles "c'est normal", on m'a renvoyée chez moi avec un Doliprane des dizaines de fois. »

Un quart des femmes disent avoir subi au moins une fois des gestes ou des paroles à connotation sexuelle dans le cadre d'une consultation médicale et 88 % disent avoir été gênées au moins une fois par le comportement d'un(e) professionnel(le) de santé. 

Une femme sur 10 confie même avoir subi une pénétration sexuelle contre son gré dans le cadre d'un examen médical. Un chiffre qui renvoie à la question des « violences obstétricales et gynécologiques », un « phénomène relativement courant », selon un rapport remis l'an dernier au gouvernement. 

(Avec l'AFP)


Source : lequotidiendumedecin.fr