Les « groupes qualité » essaiment en France

2 000 généralistes déjà engagés

Publié le 25/01/2010
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LANCÉS au début des années 2000 par une initiative conjointe de l’URML (union régionale des médecins libéraux) et de l’URCAM (union régionale des caisses d’assurance-maladie) de Bretagne, les « groupes qualité » commencent à essaimer sur le territoire national. Groupes d’échange de pratiques permettant aux médecins généralistes d’une même zone géographique de se rencontrer régulièrement pour débattre de sujets communs et réfléchir ensemble à leur pratique, ces Groupes Qualité réunissent aujourd’hui environ 2 000 médecins, répartis dans 200 groupes au sein de dix régions françaises.

Selon Claude Humbert, directeur de l’URCAM de Bretagne et co-initiateur du projet, « que ce soit la méthodologie de ces groupes qualité, ou leur contenu, tout est décidé conjointement par l’URML et l’URCAM. Il n’y a pas de chef ». Chaque groupe est constitué d’une dizaine de médecins généralistes exerçant dans la même zone géographique, et se réunit environ dix fois par an. Certaines réunions se focalisent sur l’analyse d’un thème (comme la polymédication du sujet âgé, l’antibiothérapie, la prise en charge de la douleur ou de la dépression, le suivi de la grossesse ou encore l’hygiène au cabinet) et d’autres font le point sur les éventuelles difficultés rencontrées. Pour les réunions thématiques, une information médicale validée est mise à la disposition des médecins.

Pour aider les participants à analyser leur pratique, un profil de prescription, fourni par l’assurance-maladie, est remis aux médecins. Pour chaque thème retenu, plusieurs indicateurs sont mesurés pour chaque médecin du groupe (de manière anonyme) et de manière collective. Ceci leur permet de comparer leur pratique à celle de leurs confrères – tant ceux du groupe que ceux d’autres groupes. Le profil d’un groupe témoin de médecins non inscrits dans la démarche leur est également fourni. Enfin, ces réunions sont indemnisées (environ 1 200 euros par médecin pour 10 réunions annuelles) grâce à un budget fourni par le FIQCS (Fonds d’intervention pour la qualité et la coordination des soins). La HAS (Haute Autorité en santé) apporte d’ailleurs son soutien au programme et reconnaît la méthode utilisée comme une application concrète de la sienne.

Pionnière dans ce projet, la région Bretagne est désormais rejointe par le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, la Haute et Basse Normandie, le Centre, les Pays de la Loire, Midi-Pyrénées, la région PACA et la Guadeloupe. D’autres devraient suivre en 2010 comme Midi-Pyrénées, l’Aquitaine, la Bourgogne ou la Franche-Comté. Depuis le 21 janvier, un site internet ( www.groupesqualite.com) permet de présenter le projet aux régions intéressées. Il comprend également un intranet grâce auquel les groupes déjà constitués partagent leurs informations.

 H.S.R.

Source : Le Quotidien du Médecin: 8694