EN MATIÈRE d’accès aux soins de médecins spécialistes, l’Ile-de-France tire correctement son épingle du jeu. C’est ce qui ressort d’une étude de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS « médecins libéraux ») qui a exploité les réponses de 1 300 spécialistes franciliens (1).
Constat général : la région Ile-de-France exerce une attraction forte auprès des spécialistes, qui représentent 57 % de l’offre de soins de médecine libérale, contre 47 % en France entière.
Corollaire de cette surreprésentation des spécialistes, l’étude révèle leur relative bonne accessibilité dans la région : 57 % d’entre eux proposent des rendez-vous dans un délai compris entre 24 heures et une semaine. Et la quasi-totalité des médecins interrogés (94 %) précisent réserver des créneaux d’urgences (soins non programmés) prioritaires sur demande du médecin traitant.
La Seine-et-Marne à la traîne.
Les chiffres montrent toutefois de fortes disparités entre les départements franciliens. Dans le Val-de-Marne et à Paris, il est possible d’obtenir un rendez-vous sous 48 heures chez quatre spécialistes sur dix.
Toutes disciplines confondues, la Seine-et-Marne (77) connaît des délais d’attente moyens bien plus longs : un médecin spécialiste sur deux n’y est disponible qu’au bout d’un mois. Une situation qui s’explique par la superficie du département (qui couvre près de la moitié de la région), sa ruralité et sa faible densité médicale.
La disponibilité des médecins varie également selon les spécialités. Crise démographique oblige, les délais moyens les plus longs (entre 15 jours et un mois !) concernent 83 % des ophtalmologistes, 66 % des dermatologues et 60 % des gynécologues. A l’inverse, trois-quarts des gastro-entérologues et deux-tiers des neurologues sont en capacité de recevoir en moins d’une semaine. D’autres disciplines sont encore plus accessibles : 69 % des radiologues, 58 % des pédiatres et 56 % des ORL sont disponibles sous 48 heures.
Regroupements.
L’enquête montre également qu’en Ile-de-France, un tiers des patients ne respectent pas le parcours de soins et consultent un spécialiste sans être adressés ni par leur médecin traitant, ni par un autre professionnel. C’est le cas auprès des dermatologues, des ORL, des psychiatres et des rhumatologues.
« Le parcours de soins en Ile-de-France reste néanmoins solide », nuance le Dr Patrick Assyag, cardiologue et membre de l’URPS francilienne. Le médecin s’inquiète davantage de la « fragilité » que connaissent certaines spécialités (psychiatrie, gynécologie, pédiatrie...) en raison du « vieillissement et du non-renouvellement des professionnels », faute d’attractivité auprès des jeunes médecins.
Afin d’y remédier, l’URPS suggère de faciliter les reprises d’activité des spécialistes en fin de carrière, de favoriser l’intégration des spécialistes dans les regroupements (exercice pluridisciplinaire, maison de spécialistes) ou encore de renforcer les liens entre professionnels (messagerie sécurisée).
(1) Questionnaire autoadministré adressé en novembre 2011 à 8125 spécialistes (à exercice mixte), hors médecine générale et spécialistes de bloc : chirurgiens, anesthésistes, obstétriciens.
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