À LA DEMANDE de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), l’IRDES (Institut de recherche et documentation en économie de la Santé) a réalisé une première évaluation des maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) de Franche-Comté et de Bourgogne. L’objectif de ce travail était de répondre aux questions suivantes : « Les maisons de santé offrent-elles à la fois une bonne accessibilité aux soins pour les assurés, et des conditions de travail satisfaisantes pour les professionnels ? Favorisent-elles une offre de soins et de services plus large ? Génèrent-elles des dépenses plus importantes ? ».
Neuf MSP ont été ainsi évaluées par l’IRDES. Premier constat : elles sont ouvertes toute l’année, 5,5 jours par semaine en moyenne, et 11 h 30 par jour. Pour l’IRDES, « le nombre estimé de jours d’ouverture par an reste toujours largement supérieur à celui des généralistes témoins : entre 254 et 358 jours par an pour les MSP, et entre 162 et 211 pour la zone témoin ».
Gamme étendue de soins et qualité de suivi.
L’IRDES a ensuite cherché à savoir si ces MSP étaient réellement pluridisciplinaires (ou pluriprofessionnelles). Il ressort de son enquête que le nombre de professions ou disciplines médicales varie de 3 à 10 dans les MSP étudiées. « Par ordre décroissant, ajoute l’étude, on trouve dans ces MSP (en plus des généralistes) des infirmiers, des kinés, des podologues pédicures, des diététiciens, des orthophonistes, des psychologues, des dentistes, des sages-femmes, des médecins spécialistes et des orthoptistes. » Les MSP sont donc bien pluriprofessionnelles, conclut logiquement l’IRDES. Même résultat pour les soins : « Les MSP présentent souvent une gamme d’offre de soins étendue par rapport à un cabinet classique de médecine générale ». La petite chirurgie y est plus souvent effectuée, ainsi que la pose de plâtres ou de dispositifs contraceptifs. De plus, la plupart des MSP organisent des actions de santé publique, comme l’éducation thérapeutique, le dépistage ou les actions de prévention. Sans compter que les MSP suivraient mieux certains patients - comme les diabétiques de type 2 - que les généralistes exerçant en cabinet, même si, précise l’IRDES, « l’hétérogénéité des résultats est très importante entre les MSP analysées ».
Enfin, l’analyse des coûts engendrés par ces structures fait apparaître que « le nombre moyen d’actes de médecine générale remboursés varie entre 4,4 et 7 actes par an pour les patients inscrits auprès d’un généraliste d’une MSP, contre 5,6 et 6,4 actes par an pour les patients témoins ». Quant à la dépense totale et à la dépense de médecine générale, elle serait supérieure de 2 % en MSP par rapport à l’échantillon témoin. « Cet écart est faible en pourcentage » conclut l’IRDES qui ajoute cependant que cela pourrait représenter des écarts importants si tous les généralistes exerçaient en MSP.
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