Maisons et pôles de santé

Fadela Amara en fait « une force de frappe médicale et sociale »

Publié le 20/01/2010
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Le rapport sur les maisons et pôles de santé (« le Quotidien » du 19 janvier) a été officiellement rendu public mardi par ses auteurs – Jean-Marc Juilhard (sénateur du Puy-de-Dôme), Bérengère Crochemore (interne en médecine générale, ex-présidente de l’ISNAR-IMG), Annick Touba (présidente du Syndicat national des infirmiers et infirmières libéraux), et le Pr Guy Vallancien (chirurgien, professeur à l’Université Paris Descartes) – et remis à ses trois ministres commanditaires – Roselyne Bachelot (Santé), Michel Mercier, (Espace rural), et Fadela Amara (Ville).

À cette occasion, Jean-Marc Juilhard a fait remarqué que « les maisons de santé actuelles doivent leur existence à des leaders charismatiques » et regretté que leur mise en place ressemble encore trop souvent à un parcours du combattant. Le sénateur du Puy-de-Dôme souhaite une plus forte implication financière des collectivités territoriales dans ces projets. Même tonalité chez Michel Mercier : « L’investissement ne relève pas prioritairement du ministère de la Santé, il faut aussi une volonté et un investissement de ces collectivités ». De son côté, Fadela Amara a insisté pour que, « dans certains quartiers, on trouve dans ces maisons de santé un accompagnement social. Elles doivent constituer une force de frappe contre les inégalités médicales et sociales ». Mais pour la secrétaire d’État à la ville, « les élus locaux doivent avoir l’ambition d’un projet de santé. La question du financement est d’abord une question de volonté politique, l’État vient ensuite pour aider, abonder ». Bref, mis à part les financements déjà existants (100 maisons de santé financées à concurrence maximale de 50 000 euros chacune, dispositif prévu par la LFSS 2009, plus 10 millions d’euros supplémentaires votés dans le cadre de la LFSS 010), les promoteurs de MSP ne doivent pas s’attendre à ce que les pouvoirs publics ouvrent en grand les vannes du budget de l’État.

Seul bémol, Roselyne Bachelot a semblé réservée sur l’adhésion de la CNIL (commission nationale informatique et libertés) à la proposition de mise en commun, au sein des MSP, du dossier patient, qui suppose au préalable un vrai toilettage législatif. Mais, se disant « très satisfaite du côté pratique des propositions contenues dans le rapport », la ministre a indiqué qu’elle en souhaitait l’application rapide.

 H.S.R.

Source : Le Quotidien du Médecin: 8691