Depuis un an et demi, les 1 000 habitants d'Arnac-la-Poste, petite commune rurale de la Haute-Vienne, n'ont toujours pas de médecin. Après le départ à la retraite en 2015 du médecin, une médecin roumaine a été recrutée par la mairie. Las ! Après un an d'exercice, celle-ci a jeté l'éponge, en septembre 2016.
Malgré tout les dispositifs incitatifs proposés par la municipalité, soit un cabinet médical et un appartement mis à disposition gratuitement pendant un an, la médecin roumaine n'a pas voulu rester, estimant « n'avoir pas assez de travail pour la durée demandée », explique Céline Prévost, la titulaire de la pharmacie d'Arnac-la-Poste au « Quotidien ».
La pharmacie à la relève
Faute d'avoir trouvé une solution, la commune persiste à passer par des cabinets de recrutement pour trouver, enfin, l'oiseau rare. Arnac-la-Poste a aussi décidé d'améliorer son offre en rachetant le cabinet médical pour le mettre gratuitement à la disposition du candidat sans limitation de durée, selon la pharmacienne.
Pas sûr que cette solution pourtant bien alléchante puisse changer la donne. « Les patients sont obligés d'aller chercher d'autres médecins à 20 km. Je ne suis pas sûre que les médecins veuillent travailler seuls. On est à 20 km de Limoges et dans Limoges, des médecins n'arrivent pas à trouver de remplaçants. Dommage que la mairie ne consulte pas les libéraux de la commune qui sont la pharmacie et les infirmiers pour trouver une solution », analyse Céline Prévost. Pour l'heure, la pharmacienne est sollicitée pour toutes les petites pathologies. « Je fais un peu de tout et dépanne les patients pour leur renouvellement de traitement. Mais je ne pourrai pas faire cela ad vitam aeternam », conclut la titulaire.
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