ALORS QUE LES MESURES pour contrebalancer les effets de la démographie médicale et de la répartition inégale des médecins sur le territoire se multiplient, de jeunes médecins généralistes, installés et remplaçants, se mobilisent dans plusieurs régions pour faire entendre leur voix et apporter des solutions concrètes. Parmi les associations qui les fédèrent, l’Union des remplaçants de Bretagne entame sa deuxième année de fonctionnement.
Pour Nathalie Girard et Michel Gautrais, respectivement secrétaire et président de cette structure (baptisée Urbreizh), une des preuves de l’utilité et de l’intérêt d’une telle association, créée pour faciliter l’activité de remplacement et l’installation sur le territoire breton, réside dans ce constat : quatre des cinq membres du bureau, à l’origine tous remplaçants, sont installés ou vont bientôt l’être. « On s’en rend compte à chacune de nos réunions avec les adhérents, souligne Nathalie Girard, il existe une véritable curiosité de la part des médecins remplaçants pour l’installation. Le fait de se regrouper et de s’informer sur des sujets pratiques lors des réunions que nous organisons minimise les peurs. Il y a alors entre nous une réelle émulation. »
À la suite de plusieurs études qui montraient la désaffection des jeunes médecins pour l’exercice libéral de la médecine générale, un groupe constitué de six jeunes médecins (nouvellement installés, remplaçants et internes), d’une professeur du département de médecine générale de Rennes et d’un sociologue de l’École des hautes études en santé publique ont mené, avec le soutien de l’URCAM (Union régionale des caisses d’assurance-maladie) et du Conseil régional, un vaste travail pour analyser les freins à l’installation et définir des pistes d’action pour améliorer la situation (1).
Parmi les pistes figurait la création d’une association de médecins remplaçants. Urbreizh a donc vu le jour en février 2007 et est opérationnelle depuis un peu plus d’un an grâce à son bras armé : son site Internet (www.urbreizh.fr). Outre les 140 médecins installés qui y sont actuellement inscrits, l’association regroupe plus de 120 médecins remplaçants. « Sur 350 à 400 remplaçants en exercice en Bretagne, c’est pas mal ! », précise Michel Gautrais. Un bémol tout de même : la présence d’Urbreizh (ses réunions comme ses animateurs) est concentrée sur Rennes. Le souhait de l’équipe aux commandes est bien d’avoir des relais actifs sur les autres départements bretons.
Plusieurs services sont proposés. D’abord la mise en ligne et l’actualisation des offres de remplacement, de collaboration, de succession, voire de garde, et la communication également des demandes. « Même si, généralement, les jeunes médecins n’ont pas de difficulté à trouver un remplacement, ce service est intéressant par exemple pour un interne qui a une licence de remplacement, pour quelqu’un qui arrive dans la région et n’a pas encore de réseau ou pour un remplaçant qui cherche à l’occasion un remplacement ou une garde en plus », explique le président d’Urbreizh, lui-même jeune installé depuis huit mois après trois ans de remplacement.
En dehors de la mise à disposition de cette plate-forme Internet, y compris à l’ensemble de la communauté médicale pour des urgences liées à un arrêt de travail, un décès, etc., l’association organise à peu près tous les mois une réunion sur un thème précis. Ont ainsi été traités ces derniers mois : les premiers gestes d’urgence, les urgences ORL en médecine générale, la comptabilité du remplaçant ou encore les arrêts de travail avec un médecin-conseil de la CPAM. À travers les liens établis avec de nombreuses structures (les CDOM de Bretagne, le conseil général d’Ille-et-Vilaine ou l’URML avec qui un travail est effectué sur les maisons de santé pluridisciplinaire), la spécificité des remplaçants est défendue. Dernière avancée : suite aux plaintes des médecins remplaçants de ne pas être destinataires des informations envoyées par les CPAM aux médecins installés, l’Assurance-Maladie d’Ille-et-Vilaine les intègre depuis un mois dans son fichier d’envoi.
(1) Lire à ce sujet les articles de nos éditions des 2 et 28 mars 2006, et du 7 décembre 2006.
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