Vaccination Covid : MG France réclame des unidoses

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Publié le 09/09/2021
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Crédit photo : S Toubon

Alors que l’Assurance-maladie demande aux médecins généralistes de concentrer leurs efforts de vaccination sur les personnes les plus fragiles, le syndicat MG France réclame aujourd’hui la possibilité de disposer également en unidose du vaccin Pfizer, qui sera accessible aux professionnels de ville à partir du 1er octobre.

« Nous nous réjouissons que le vaccin de Pfizer soit enfin prochainement disponible en ville, a salué ce jeudi le Dr Jacques Battistoni, président de MG France. On nous a longtemps objecté que ce n’était pas possible car probablement l’État voulait garder des stocks importants pour les centres. Mais le problème est que la cible est aujourd'hui de plus en plus étroite. »

En effet, selon l’Assurance-maladie, environ 500 000 personnes de plus de 80 ans ne sont toujours pas vaccinées, soit en moyenne seulement dix patients par médecin traitant. « Nous espérons pouvoir encore convaincre des personnes âgées au cabinet et les vacciner aussi tôt, a poursuivi le Dr Battistoni. Nous sommes aussi prêts à le pratiquer à domicile. Mais le faire avec des conditionnements en 10 doses, c’est compliqué. C’est pourquoi nous aimerions disposer de préparation en unidose via les pharmaciens de proximité, comme pour la grippe. » 

Obligation vaccinale et réfractaires

Pour leur part, les généralistes sont 96 % à avoir été vaccinés, « un score remarquable ». À partir de l’entrée en vigueur de l’obligation, les noms des médecins réfractaires – « un phénomène complètement marginal » – seront communiqués par les caisses primaires aux ARS et ces derniers seront considérés comme hors convention. « Je rappelle que les personnels de cabinets qui ne veulent pas être vaccinés ne devront plus être en contact avec le public », ajoute le président de MG France.

Pour améliorer la couverture vaccinale, le syndicat va proposer deux mesures pour le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). D’abord, il voudrait que les médecins puissent passer directement par le portail de commande de vaccin et ne plus être obligés de téléphoner au pharmacien pour se procurer des doses. 

Il revient également sur une mesure qui avait déjà été votée au Parlement puis censurée par le Conseil constitutionnel, à savoir la possibilité pour un généraliste de garder des vaccins (pas uniquement contre le Covid) dans son frigo et de facturer ensuite à l’officine. Ce qui permettrait de pouvoir vacciner facilement au décours d’une consultation.

Moratoire sur les délégations de tâches

Dans ce budget de la Sécu que le gouvernement devrait présenter aux partenaires sociaux le 24 septembre, puis en Conseil des ministres le 6 octobre, MG France souhaite peser sur d’autres sujets notamment l’amélioration des congés maternité et paternité, l’extension de la permanence des soins ambulatoires (PDSA) au samedi matin ou encore un « moratoire » sur les délégations de tâches.

« Nous ne sommes pas opposés à la délégation par principe, a expliqué le Dr Battistoni. Mais cela doit se réfléchir dans un cadre organisé et concerté et non au travers d’amendements poussés par différentes professions ». Enfin, MG souhaite également l’abandon – comme pendant la crise sanitaire – de l’obligation d’envoyer une feuille de soins papier après la télétransmission d’une feuille de soins électronique dégradée.

S’agissant des relations conventionnelles, MG France avoue ne « pas comprendre le mécanisme de calcul » qui aboutit à la réclamation d’indus à 15 000 généralistes au titre du dispositif d’indemnisation de la perte d’activité (DIPA). « Nous accompagnerons les médecins qui souhaitent défendre leurs droits » a annoncé le Dr Battistoni. À cette fin, MG France a mis en place une adresse mail dédié : dipa-services@mg-france.fr

Cap sur la prochaine convention

Une épine dans le pied de l’Assurance-maladie qui devra être rapidement retirée car plusieurs groupes de travail ont été lancés dans la continuité de la signature de l’avenant n° 9 de juillet sur la téléconsultation par téléphone, la télé expertise et les logiciels médicaux. « L’avenant 9 n’est pas un solde de tout compte, a insisté le Dr Battistoni. Les revalorisations ont pu paraître insuffisantes au regard des attentes des professionnels. C’est pourquoi nous estimons que le véritable Ségur ambulatoire, ce sera la prochaine convention qui sera négociée en 2022. ».

Soit après l’élection présidentielle. C’est pourquoi, MG France commence déjà à prendre langue avec les états-majors des différents partis pour pousser ses propositions – dont celle déjà ancienne d’une prise en charge à 100 % des soins primaires par l’Assurance-maladie obligatoire.


Source : lequotidiendumedecin.fr