Une salle comble, un ministre en retard, une ambiance électrique. Ce vendredi en fin de journée, Yannick Neuder, ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, est venu faire face aux médecins généralistes. Une intervention très attendue, comme l’a noté le Pr Paul Frappé, président du Collège de la médecine générale et du Congrès de médecine générale France qui se tient depuis le 27 mars à Paris, avec une question principale : « Quel est le projet que vous proposez à la médecine générale ? »
Des interrogations, des attentes… et aussi des craintes
Introduisant l’allocution du ministre, le Pr Frappé n’a pas caché les interrogations, les attentes, l’impatience même et les craintes de la profession, tant sur son projet pour les soins primaires, que sur la coercition, mais aussi au sujet de l’avenir de la formation continue indemnisée, ou encore (surtout) de la 4e année de DES, pour laquelle les attentes particulières se sont transformées en exaspération, voire en désespoir, faute d’engagements précis.
Le Pr Frappé ne croyait pas si bien dire. Alors que Yannick Neuder déroulait son discours, la salle n’a pas caché son agacement. Le ministre l’a annoncé en préambule : « Quand vous êtes nommé un 24 décembre, 4e ministre de la Santé de l'année, vous abordez les sujets avec modestie. » Très vite, Yannick Neuder a décliné les différents thèmes qu’il porte : de la suppression du numerus apertus, à la reconnaissance des Padhue, en passant par la lutte contre les violences envers les soignants.
Cependant, le ministre a eu beau assurer la profession de sa vision du médecin traitant, « rôle fondamental, pivot de la prise en charge », et d’appeler à une collaboration constructive, il a rapidement été pris à partie par les généralistes attendant des engagements fermes sur la 4e année de DES. Alors que la réforme est censée entrer en vigueur en novembre 2026, quand les textes seront-ils publiés ? Quid de la rémunération des docteurs juniors ? Et quelles garanties pour les maîtres de stage ?
Interpellé une première fois, Yannick Neuder a été hué en annonçant son engagement de publier les décrets tant attendus seulement « avant l’été ». Malgré son assurance de consulter l’ensemble des parties prenantes, sans « confondre vitesse et précipitation », le ministre n’a pas convaincu à ce stade les généralistes présents au CMGF. « Croyez que je fais le maximum pour pouvoir sortir de cette situation au plus vite et j'entends pouvoir conserver votre confiance sur ces sujets-là », a-t-il néanmoins conclu. Un peu trop court pour cette fois.
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