Loi de santé

Unité syndicale pour l’ouverture du débat parlementaire... mais pour combien de temps ?

Publié le 31/03/2015
De gauche à droite, Trystan Bacon (ISNAR-IMG), Emilie Frelat (SNJMG), Jean-Paul Ortiz (CSMF),...

De gauche à droite, Trystan Bacon (ISNAR-IMG), Emilie Frelat (SNJMG), Jean-Paul Ortiz (CSMF),...
Crédit photo : Phanie Garo

Les conférences de presse organisées autour du projet de loi de santé se suivent mais ne se ressemblent pas. Unitaires au début de la mobilisation, elles le sont toujours en façade mais de moins en moins sur le fond. Mardi matin encore, les représentants des principaux syndicats de médecins se sont retrouvés pour dénoncer le texte de Marisol Touraine examiné l’après-midi même par les députés. Une fois de plus, il n’aura échappé à personne, comme l’a d’ailleurs souligné Jean-Paul Hamon, que l’ensemble des médecins était représenté, des internes et jeunes médecins aux séniors, toute spécialité confondue. « Pour la deuxième fois, Marisol Touraine a réussi à nous rassembler et ça, ce n’est pas un mince exploit », ironisait le leader de la FMF. Mais derrière la photo de famille, les divergences se font jour. Entre réécriture et retrait du texte, deux groupes de syndicats se distinguaient dès l’origine de leur mobilisation commune, en vue de la manifestation du 15 mars. Quinze jours plus tard, les divergences sont plus marquées, s’agissant notamment des suites à réserver au mouvement.

L’heure du débat parlementaire a sonné et, pour certains, c’est désormais aux députés de prendre leur responsabilité. « Un certain nombre d’éléments ont été supprimés via amendements », souligne Jean-Paul Ortiz, « mais le compte n’y est pas ». Selon le président de la CSMF, la combinaison journée « santé morte » et grève de la permanence des soins jusqu’à mercredi matin doit conduire « les députés à se rendre compte de la mobilisation des médecins et à en prendre acte dans la réécriture du projet ». Dans le même sens, Claude Leicher estime qu’ « aujourd’hui, le projet de loi doit continuer à évoluer, on ne peut pas le laisser passer en l’état ». Loin de baisser la garde, le leader de MG France affirme qu’il s’apprête à « écrire aux députés pour leur dire ce qu’on veut. Après, on est en démocratie, on va aller jusqu’au bout pour faire modifier le texte mais on ne va pas non plus faire la guerre. » Et de promettre « un travail de lobbying jusqu’au bout, après, c’est aux politiques de prendre leurs responsabilités ».

Prochaines actions en préparation

Avant même de connaître le bilan de cette journée de fermeture des cabinets, d’autres syndicats évoquaient les prochaines actions. Car, pour quelques uns d’entre eux, il est hors de question de déposer les armes. Moults regrets du côté du SML pour qui « pas grand-chose n’a évolué ». Pour Éric Henry, le dossier se politise, se réduisant à un débat gauche/droite. De la même façon, Jean-Paul Hamon assure que « cette loi ne résout aucun des problèmes de santé de la France ». Lui ne voit qu’une « solution, le retrait de l’examen du projet de loi ». Et le patron de la FMF d’assurer « les médecins sont unis et ça ne va pas s’arrêter ». Alors que Philippe Cuq, responsable du Bloc, évoque un « blocage sanitaire » pour accentuer « la pression sur le gouvernement », le SML et la FMF ne sont pas en reste. Le premier réfléchit « à un blocage national en juin ou septembre », tandis que la seconde « plaide pour une semaine où on part tous en vacances ». « Puisque le gouvernement a décidé de se passer de la médecine libérale, alors montrons-lui à quoi ça ressemblerait », propose Jean-Paul Hamon, fustigeant en creux la concertation menée ces derniers mois. Avant de décider accentuation du mouvement, Jean-Paul Ortiz préfère, lui, « attendre de voir le débat parlementaire ». Car, souligne-t-il, « l’évolution du projet de loi peut faire évoluer les positions des uns et des autres ». Et de laisser aux parlementaires le soin d’y procéder.

Au même moment, les médecins de l’UFML montaient une tente en face du Palais Bourbon. Initiée par Jérôme Marty, cette action devait permettre d’intercepter les députés avant qu’ils n’assistent, en milieu d’après-midi, au débat sur le projet de loi. "C’est une plateforme d’échanges avec les parlementaires", assure Jérôme Marty, "on veut échanger avec eux sur les points de la loi, pour qu’ils aient un consentement éclairé par rapport au texte". Les députés UMP Jean-Pierre Door et Henri Gaino seraient passés dans la matinée, affirme-t-il. L’ancien ministre Benoît Hamon ne se serait pas arrêté.


Source : lequotidiendumedecin.fr