EN DÉPIT d’un traitement bien conduit, des métastases peuvent survenir six mois, un an voire plusieurs années après le diagnostic initial. La nécessité de biopsier ces métastases et de les caractériser au moins par les mêmes marqueurs que la tumeur primitive a été confirmé cette année. Trois études (canadienne,suédoise, italienne) ont analysé la corrélation entre les marqueurs de la tumeur primitive et ceux des métastases.
Globalement, ces études ont mis en évidence des discordances entre la tumeur primitive et les métastases qui atteignaient 15 % pour le statut hormonal et 14 % pour le statut HER2, ce qui a abouti dans 17 % des cas à une modification de la stratégie thérapeutique. Un protocole de recherche clinique mené à l’Institut Curie a pour objectif, dans le cadre d’un essai clinique, de proposer aux patients, lors d’une première rechute, d’avoir une biopsie de leur métastase (mammaire ganglionnaire, cutanée voire hépatique) pour évaluer la discordance entre la tumeur primitive et la métastase et l’impact que cela peut avoir sur le changement de la stratégie thérapeutique.
L’exploration des mécanismes de résistance et des phénomènes d’échappement en fonction des voies de signalisation intermédiaires a abouti à une nouvelle approche ; l’utilisation de petites molécules par voie orale. Une de ces molécules, l’everolimus, associé à une chimiothérapie (paclitaxel) et au trastuzumab, permet d’obtenir des réponses chez les patientes résistantes au trastuzumab et des contrôles de la maladie.
Une autre approche est l’association au trastuzumab et à une chimiothérapie (taxanes) d’une petite molécule par voie orale qui inhibe le récepteur HER2 dans sa partie intracytoplasmique.
En ce qui concerne les traitements anti-angiogénique, Avastin (bevacizumab) anticorps qui cible spécifiquement le récepteur VEGF, est indiqué dans le cancer du sein métastatique en première ligne associé à une chimiothérapie à base de taxanes. Trois grands essais ont démontré que cette association augmente le taux de réponses objectives et le taux de survie sans progression mais sans impact sur la survie globale.
Cancers tripe négatifs.
Dans les cancers du sein triple négatif, cancers de mauvais pronostic car ils ne sont ni sensibles au trastuzumab ni à l’hormonothérapie, un essai évaluant un traitement anti-angiogénique par bevacizumab vient d’être clos. Les résultats seront présentés à la fin de cette année.
Les inhibiteurs de PARP ont suscité de grands espoirs dans les cancers du sein triple négatifs et les cancers de l’ovaire. Il existe une grande diversité des agents développés par plusieurs laboratoires pharmaceutiques. Ils ont fait l’objet de différentes présentations de phase 1. Leur efficacité dans les cancers du sein triple négatifs sans mutation de BRCA 1 ou 2 ne semble pas acquise pour tous et en particulier sans association à une chimiothérapie.
La chimiothérapie garde une place importante ans le traitement du cancer du sein. Les résultats d`une étude de phase III montre que l’éribunine, un inhibiteur dynamique microtubulaire qui ne fait pas partie des taxanes, prolonge la survie globale des patientes atteintes d’un cancer du sein localement récurrent ou métastatique.
Institut curie. Le point sur les nouveautés présentées à l’ASCO avec le Dr Véronique Diéras, responsable de l’unité d’investigation clinique et le Dr Etienne Brain, oncologue médicale.
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