POUR LA TROISIÈME ANNÉE consécutive, dix chercheurs de renom impliqués dans différents domaines de la cancérologie iront à la rencontre du grand public pour faire état des avancées, des perspectives concrètes et des espoirs dans la lutte contre le cancer. Samedi, le « Grand direct des chercheurs » s’étirera sur trois villes de France (Paris, Toulouse et Lyon) où se déroulera en multiplex un débat de deux heures diffusé simultanément via Internet. Plus d’une centaine de personnes sont attendues sur chaque site. Les internautes pourront poser des questions au cours « Grand direct » et jusqu’à 20 février par le biais d’une plateforme d’échange (accessible à l’adresse www.grand-direct-chercheurs.com). Parallèlement à ce rendez-vous organisé par l’ARC, sera dévoilé un webdocumentaire intitulé « recherche sur les cancers : tout s’accélère ». Coproduit par l’Institut national du cancer (INCa), l’INSERM et l’ARC, ce film multimédia sera mis en ligne sur les sites internet des trois partenaires ainsi que sur Dailymotion et sur quelques autres sites grand public. Impliquant cinq ex-patients et une dizaine de chercheurs, il se compose de séquences vidéo et d’éléments interactifs. Décliné en quatre parties : comprendre, soigner, accompagner, prévenir et détecter, ce webdocumentaire illustre les progrès à l’œuvre dans le champ du cancer et offre une autre image de la maladie. « D’ici à 2020, le cancer causera chaque année près de 10 millions de morts dans le monde », souligne Jacques Raynaud, président de l’ARC. Pour lutter contre ce fléau, la recherche reste l’un des instruments majeurs, « de la plus fondamentale jusqu’aux actions de soins, de prévention et de diagnostic précoce », poursuit le Pr Fabien Calvo, directeur de recherche de l’INCa et directeur de l’institut thématique multi-organisme (ITMO) Cancer d’Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé). En France, plus de 3 300 chercheurs et techniciens travaillent quotidiennement sur les différents aspects de la recherche sur le cancer. « Avec l’explosion technologique, tout s’est accéléré », constate le Pr Calvo. « Il y a 30 ans, on lisait les séquences sur un grand film pour reconstruire des fragments du génome. Aujourd’hui, le séquençage du génome d’une tumeur est devenu une question de jours », rappelle-t-il. Dernièrement, au Forum économique mondial de Davos, un biotechnicien américain a même présenté un appareil qui permettrait de décoder le génome individuel en l’espace de deux heures, selon les dires de son créateur. L’un des fils rouges du « Grand direct des chercheurs » portera sur la « révolution thérapeutique » en cours des traitements ciblés qui ouvrent la voie à la médecine personnalisée.
Plus d’essais cliniques.
Au total, 61 000 patients ont bénéficié en France en 2010 de tests génétiques pour orienter le choix thérapeutique au sein des 28 plateformes de génétique moléculaire réparties sur l’ensemble du territoire. À ce jour, 17 thérapies ciblées sont disponibles dans notre pays pour différents types de cancer. Une vingtaine est utilisée dans le monde et plus de 500 molécules innovantes restent en cours de développement. Environ 80 % des essais cliniques dans le cancer concernent aujourd’hui des thérapies ciblées contre moins de 20 % en 2001. Plus de 34 000 patients ont également été inclus dans l’Hexagone dans des essais académiques et industriels en cancérologie (+ 57 % par rapport à 2008), ce qui représente 8 % des patients soignés pour un cancer. Pour le Pr Calvo, de nombreuses avancées sont aujourd’hui permises grâce au décloisonnement engagé entre les différentes disciplines impliquées dans la recherche sur le cancer, tant au niveau institutionnel, associatif qu’industriel. Outre la pharmacologie, la recherche touche des domaines clés comme la radiothérapie, la chirurgie et leurs interactions possibles. L’autre enjeu majeur de la recherche en cancérologie touche au vaste champ des causes externes de la maladie. Entre 90 et 95 % des cancers seraient en effet liés à l’environnement au sens large (modes de vie, expositions aux agents physiques, expositions naturelles, conditions socio-économiques et géographiques défavorables…). « On sait qu’on pourrait prévenir 4 cas de cancers sur 10 si l’on savait mieux maîtriser les facteurs de risque », remarque Jacques Raynaud. Tous les espoirs sont donc permis à condition de soutenir la recherche, notamment via l’ARC qui n’existe que grâce à la générosité du grand public.
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