Stérilet, inhibiteur PARP, brachythérapie

Des pistes dans le cancer de l’endomètre

Publié le 17/12/2010
Article réservé aux abonnés

UN STÉRILET utilisé dans le cadre du traitement du cancer de l’endomètre estrogénodépendant chez des femmes de moins de 40 ans a permis de préserver les chances de grossesses à l’issue du traitement (1). De 3 à 5 % des femmes souffrant de cancer de l’endomètre ont moins de 40 ans et le traitement habituel (hystérectomie totale et ablation des ovaires) met un terme à la possibilité d’avoir des enfants.

Des femmes de 20 à 40 ans (n = 34) atteintes d’hyperplasie atypique de l’endomètre (HAE) ou de cancer limité à l’endomètre et bien différencié (CE-G1) ont reçu une injection mensuelle de GnRH pour traiter le cancer de l’endomètre, associée à la pose d’un DIU libérant de la progestérone, conservé un an. Le taux de réponses complètes a été de 95 % chez les patientes HAE et de 57 % chez celles atteintes de CE-G1. Mais surtout, 11 grossesses ont ensuite été menées à leur terme par 9 femmes. Après obtention du nombre souhaité de grossesses, les patientes ont subi une hystérectomie pour éviter un risque de récidive à long terme.

Une étude in vitro, basée sur le concept que la perte du gène suppresseur de tumeur PTEN (Phosphatase and TENsin homolog), observée dans 80 % des carcinomes endométrioïdes (CE), sensibilise fortement les cellules cancéreuses aux inhibiteurs de PARP (poly[ADP-ribose] polymérase), ouvre la perspective d’une nouvelle option de thérapie ciblée pour les CE métastatiques. Les chercheurs, après avoir déterminé l’état PTEN de 8 lignées cellulaires de CE, ont étudié leur sensibilité à un inhibiteur PARP. Les cellules déficientes en PTEN (6 sur 8 lignées) sont bien plus sensibles à ce dernier. Des essais cliniques sont maintenant en préparation.

« La brachythérapie vaginale devrait être le traitement adjuvant de choix chez les patientes atteintes de carcinome endométrial à risque intermédiaire à élevé », estime une équipe néerlandaise qui a réalisé l’étude PORTEC-2 (Post Operative Radiation Therapy in Endometrial Carcinoma). Cet essai a comparé, chez 427 femmes opérées de ce cancer (stade 1 ou 2A), l’efficacité et la tolérance de deux modes d’irradiation en traitement adjuvant : la classique radiothérapie pelvienne externe et une irradiation par voie vaginale (3). Au terme de quarante-cinq mois de suivi, on a observé 3 récidives vaginales sous brachythérapie contre 4 sous radiothérapie externe, un taux de métastases de 8,3 % pour la brachythérapie contre 5,7 %. Mais c’est surtout le taux de toxicité intestinale qui marque l’avantage de la brachythérapie (12,6 % vs 53,8 %).

(1) Annals of Oncology, 29 septembre 2009.

(2) Science Transl. Med., 13 octobre 2010.

(3) Lancet, vol. 375, pp. 816-823.

Dr B. GO.

Source : Le Quotidien du Médecin: 8879