« UNE THÉRAPIE comportementale devrait être proposée aux hommes porteurs d’une incontinence persistante post-prostatectomie, car elle peut fournir une amélioration durable et significative de l’incontinence et de la qualité de vie, même plusieurs années après la prostatectomie radicale » écrivent Patricia S. Goode (Alabama, États-Unis) et coll. Leur étude est née d’un constat simple, une physiothérapie est habituellement prescrite chez les patients encore incontinents un an après l’intervention, mais aucune étude n’en a prouvé l’efficacité passé ce délai.
Le travail américain a donc cherché à montrer si les thérapies comportementales sont réellement efficaces et si les technologies de biofeedback associant des stimulations électriques du plancher pelvien en améliorent les résultats. L’étude a été menée de façon prospective, contrôlée, chez 208 hommes âgés de 51 à 84 ans entre janvier 2003 et juin 2009. Tous avaient une incontinence à la suite d’une prostatectomie radicale pour cancer de la prostate. L’intervention avait été réalisée de 1 à 17 ans auparavant. Le suivi a duré un an après la fin de l’essai.
Les participants ont été répartis en 3 groupes. Le premier bénéficiait de 8 semaines de thérapeutique comportementale ou biothérapie (rééducation musculaire du plancher pelvien et contrôle vésical) ; le deuxième bénéficiait d’un même traitement dit « biothérapie plus », qui ajoutait un biofeedback électromyographique et des stimulations électriques quotidiennes à domicile. Le troisième groupe servait de témoin et a été traité ultérieurement. Les participants, enfin, tenaient un « agenda vésical ».
L’incontinence a décru de 55 %.
Dans le groupe biothérapie, le nombre moyen d’épisodes d’incontinence a décru de 55 %, passant de 28 à 13 par semaine. Chez ceux sous «biothérapie plus» la réduction était de 51 %, passant de 26 à 12 épisodes en moyenne. Des réductions jugées significatives par rapport aux témoins, chez qui la décroissance a été de 24 %, passant de 25 à 21 épisodes hebdomadaires. Les auteurs précisent que la différence notée entre les deux groupes sous traitement est considérée comme non significative. A un an, dans le premier groupe la réduction était évaluée à 50 %, avec 13,5 épisodes par semaines, et à 59 % dans le groupe « plus », soit 9,1 pertes urinaires hebdomadaires.
L’apport thérapeutique des biothérapies sur la continence urinaire à un an est significatif, par rapport aux données du groupe témoin. En revanche, les auteurs considèrent que le biofeedback associé aux stimulations électriques à domicile ne procure pas une efficacité vraiment plus importante. Toutefois, précisent-ils, la limite de ce constat repose sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une étude en aveugle.
La thérapeutique comportementale utilisée dans les deux groupes comportait des exercices orientés vers les muscles du plancher pelvien, des stratégies visant à prévenir les fuites urinaires dues au stress ou à des besoins impérieux et la tenue de l’« agenda vésical ». Outre le nombre de fuites urinaires, l’amélioration a été jugée sur les symptômes associés au contrôle vésical (urgenturies, mictions nocturnes) ainsi que sur le retentissement de l’incontinence sur les activités quotidiennes et sur la qualité de vie.
JAMA, 12 janvier 2011, vol 305, n° 2, pp. 151-159.
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