DEPUIS longtemps, l’échographie intravaginale pelvienne fait débat pour le dépistage du cancer de l’endomètre. Pour la première fois sur une aussi large population, des Britanniques fournissent des données objectives sur l’efficacité de cette imagerie. Selon l’UKTOCS (United Kingdom Collaborative Trial of Ovarian Cancer Screening), l’échographie permet de détecter un cancer de l’endomètre chez des femmes asymptomatiques avec une sensibilité de 80-90 % et des taux similaires de spécificité. Plus de 48 200 femmes ménopausées ont été incluses dans cette étude cas-contrôle, entre avril 2001 et septembre 2005, d’après 13 centres localisés en Angleterre, au pays de Galles et en Irlande du Nord.
Pour un endomètre épais ≥ 5 mm, la sensibilité et la spécificité sont ainsi respectivement de 80,5 et 85,7 %. Toutes femmes confondues, la limite optimale pour l’épaisseur est de 5,15 mm, avec une sensibilité de 80,5 % et une spécificité de 86,2 %. Si l’endomètre mesure plus de 5,15 mm d’épaisseur, le risque d’avoir un cancer de l’endomètre est ainsi 25 fois plus grand. Si la femme a des anomalies endométriales en sus, les deux paramètres passent respectivement à 85,3 et 80,4 %. Pour une limite à 10 mm d’épaisseur, la sensibilité chute à 54,1 % au profit d’une spécificité à 97,2 %.
Pourtant, quand l’analyse est restreinte aux femmes asymptomatiques, c’est-à-dire ne présentant pas de métrorragies post-ménopausiques, la limite de 5 mm donne une sensibilité de 77,1 % et une spécificité de 85,8 %. Ce qui fait dire aux auteurs que la population de dépistage reste à définir. En revanche, leurs résultats ont un intérêt immédiat en apportant des réponses pour la prise en charge d’un endomètre épais de découverte fortuite sur des scanners pelviens.
Des profils dits à risque.
L’échographie semble bien plus performante pour les profils dits « à risque ». Dans une population à haut risque, une limite d’épaisseur à 6,75 mm se traduit par une sensibilité à 84,3 % et une spécificité à 89,9 %. Le risque relatif serait ainsi multiplié par 43 chez ces femmes. Pour les identifier, les chercheurs se sont appuyés sur plusieurs caractéristiques : le poids, l’âge de la ménarche, la prise d’une contraception orale, des antécédents de cancers du sein, de l’ovaire, du poumon, de l’intestin, l’âge et le nombre de grossesses de plus de 6 mois.
Si l’UKTOCS est ainsi la plus large étude disponible sur le dépistage par l’échographie, elle ne comporte aucun volet d’intervention. Ainsi l’équipe du Dr Jacob ne donne aucun détail sur les interventions proposées, y compris biopsies de l’endomètre, recours à un échographiste référent, marqueurs tumoraux, hystéroscopie, curetage et hystérectomie. Comme les auteurs le soulignent eux-mêmes, l’UKCTOCS ne permet pas de statuer sur l’intérêt du dépistage. De nombreuses questions en suspends restent à évaluer telles que l’acceptabilité, le coût et la stratification du risque.
The Lancet Oncology, publié en ligne le 13 décembre 2010. DOI:10.1016/S1470-2045(10)70268-0
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