Suppression longue et durable de la maladie

Les bons résultats du lénalidomide dans le myélome multiple

Publié le 19/01/2011
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Crédit photo : BSIP

LE MYÉLOME MULTIPLE (MM) touche principalement les sujets âgés de plus de 60 ans (cependant de plus en plus de patients de moins de 60 ans sont diagnostiqués). L’espérance de vie d’un patient atteint de MM reste faible malgré les progrès réalisés avec la greffe de cellules souches autologues. Dans ce contexte, l’arrivée du lenalidomide (Revlimid) a permis des avancées notables. Il est indiqué en combinaison avec la dexaméthasone pour les patients atteints de myélome multiple ayant déjà bénéficié d’une autre thérapie. De récentes études, menées sur différentes populations, ont montré qu’il pouvait être utilisé en utilisation prolongée à faible dose afin de diminuer le risque de rechute. Le lénalidomide ne présente pas les problèmes de tolérance du thalidomide (neuropathies) en cas d’utilisation prolongée.

Un bénéfice net sur la survie sans progression.

Michel Attal (hôpital Purpan, Toulouse) a présenté les résultats de l’étude 2005-02 de l’Intergroupe francophone du myélome (IFM) (1). L’IFM a inclus 614 patients qui avaient subi une greffe autologue de cellules souches pour un myélome non progressif au cours des six mois précédents. La moitié a reçu 10 à 15 mg de lénalidomide par jour, l’autre un placebo, jusqu’à la rechute. En décembre 2009, après un suivi moyen de vingt-quatre mois, une analyse intermédiaire a montré une progression de la maladie ou un décès chez seulement 25 % du groupe lénalidomide versus 74 % dans le groupe placebo. Après un suivi de trente-quatre mois à partir de la randomisation et de quarante-quatre mois à partir du diagnostic, la médiane de survie sans progression est de vingt-quatre mois dans le groupe placebo versus quarante-deux mois dans le groupe lénalidomide. « Le traitement d’entretien avec le lénalidomide est supérieur au placebo. Un suivi plus long est nécessaire pour apprécier l’impact sur la survie globale », a conclu le Dr Attal.

Une autre étude a été conduite par le groupe nord-américain du CALGB (2) selon le même schéma. La période de suivi médiane a été de 17,5 mois à partir de la greffe. Les patients du groupe lénalidomide ont bénéficié d’une réduction de 60 % du risque de progression de la maladie ou de décès par rapport au groupe placebo. Le délai médian avant la progression a été significativement supérieur dans le groupe lénalidomide avec 42,3 mois versus 21,8 mois pour le groupe placebo. Ces améliorations ont été observées quel que soit le volume de la maladie (exprimé par le dosage de ß2-microglobuline).

Enfin, une étude de phase III menée chez des patients nouvellement diagnostiqués âgés de plus de 65 ans (3) ne pouvant pas être transplantés, a montré que le traitement par lénalidomide continu ( MPR-R) entraînait une réduction du risque de progression de la maladie supérieure au traitement (MP). La durée médiane de SSP est de 31 mois.

(1)Maintenance treatment with lenalidomide after transplantation for myeloma ; final analysis of the IFM 2005-02 Michel Attal.

(2) Phase III intergroup study lenalidomide versus placebo maintenance therapy following single autologous hematopoietic stem cell transplantation for multiple myeloma CALGB 100104. PhilipL. McCarthy.

(3) A phase 3 study evaluating the efficacy and safety of lenalidomidecombined with melphalan and prednisolone in patients ≥ 65 years with newly diagnosed multiple myeloma. Continuous use of lenalidomide vs fixed duration regimens. Antonio Palumbo.

 CHRISTINE FALLET

Source : Le Quotidien du Médecin: 8888