Les indications de l'olaparib (Lynparza), le premier inhibiteur de Parp à être commercialisé pour cibler les tumeurs mutées BRCA, s'élargissent au cancer du sein précoce HER2 négatif. Le médicament, développé par l'alliance AstraZeneca/MSD, a obtenu une autorisation de mise sur le marché le 4 août à la suite des résultats de l'essai de phase 3 Olympia. En France, l'olaparib a obtenu de la Haute Autorité de santé une autorisation d'accès précoce en mars dans cette indication.
Dans le cancer du sein, l'olaparib était indiqué jusque-là dans les formes métastatiques avec des mutations germinales BRCA1/2 HER2 négatif. L'inhibiteur de Parp est également indiqué dans d'autres cancers mutés BRCA : cancers de l'ovaire, du pancréas, de la prostate.
Risque de rechute diminué de 42 %
« L'olaparib est une avancée majeure dans le traitement du cancer du sein BRCA1/2, souligne le Pr Pascal Pujol, onco-généticien au CHU de Montpellier. Cet inhibiteur de Parp s'adresse aux femmes atteintes d'un cancer du sein BRCA1/2 - à noter qu'une femme sur 200 est porteuse d'une mutation BRCA - ce qui représente 3 à 5 % des cancers du sein. (...) Il est donc important de pratiquer un test génétique BRCA germinal immédiatement après le diagnostic afin d'identifier toutes les patientes qui pourraient être éligibles. »
Jusqu'à l'arrivée des inhibiteurs de Parp, il n'y avait pas de traitement spécifiquement dédié aux patientes atteintes d'un cancer du sein avec mutation germinale BRCA1/2. Le cancer du sein HER2 négatif était pris en charge indépendamment du statut BRCA.
L'essai Olympia, contrôlé versus placebo, a évalué l'olaparib en traitement adjuvant chez 1 836 femmes ayant un cancer précoce à haut risque muté BRCA HER2 négatif. Les patientes avaient terminé leur traitement local et reçu au moins six cycles de chimiothérapie, néoadjuvante ou adjuvante. La survie sans maladie agressive (critère principal de jugement) était améliorée avec un risque de rechute, de nouveaux cancers ou de décès réduit de 42 % par rapport au placebo. L'olaparib a également amélioré de façon statistiquement significative et cliniquement pertinente la survie globale avec un risque de décès diminué de 32 %. Les effets indésirables les plus fréquents étaient les nausées (56,9 % versus 23,5 %), la fatigue (40,1 % versus 27,2 %), l'anémie (23,6 % versus 3,9 %) et les vomissements (22,6 % versus 8,2 %).
D'après un communiqué de presse AstraZeneca/MSD
A. Tutt et al, New Engl J Med, juin 2021. DOI: 10.1056/NEJMoa2105215
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