Cancer du sein

Moins de récurrences sous exemestane

Publié le 04/11/2010
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Certains cancers du sein, pourtant de plus en plus nombreux, suscitent un moindre intérêt qu’il s’agisse de la forme métastatique ou de celui de la femme âgée. Ils pourraient cependant chaque fois que possible tirer bénéfice d’un traitement hormonal. Chez la femme ménopausée, l’intérêt des inhibiteurs d’aromatase est pris en considération.

Deux tiers des cancers du sein sont RE + (récepteurs estrogènes positif) et susceptibles de répondre à un traitement hormonal (TH): antiestrogène (tamoxifène), inhibiteur d’aromatase stéroïdien ou non, analogue de GnRH. Le TH trouve alors une place dans l’arsenal thérapeutique, selon des protocoles variables, en fonction notamment du statut pré- ou post-ménopausique et des réponses aux différents traitements.

En post-ménopause les inhibiteurs d’aromatase (IA) sont souvent utilisés. L’essai IES sur 5 ans a montré qu’un traitement adjuvant du cancer précoce invasif par exemestane (seul IA stéroïdien), donné après 2 à 3 ans de tamoxifène, est associé à une réduction du risque de récurrence et de décès.

Bien que les avancées thérapeutiques aient considérablement amélioré le pronostic à 5 ans du cancer précoce, le cancer du sein métastatique reste très présent (30 % des formes précoces deviendront métastatiques). Actuellement il est incurable. Le traitement non standardisé (chimiothérapie, TH, anti HER 2, anti-angiogéniques) vise à prolonger la survie en maintenant une certaine qualité de vie.

Bénéfice significatif sur la survie.

Lorsqu’il est indiqué, « le traitement hormonal, qui associe efficacité et bonne tolérance, doit être donné aussi longtemps que possible » selon le Pr N. Harbeck (Allemagne). Les IA sont souvent prescrits. L’exemestane a une indication approuvée pour les cancers métastatiques ayant progressé sous ou après tamoxifène. Une étude montre un bénéfice significatif sur la survie, le temps de progression et la durée d’efficacité. A noter que les données actuelles ne montrent pas de résistance croisée entre les IA stéroïdes et les non stéroïdes.

L’âge ne doit pas être un frein à un traitement établi « sur mesure » qui prend aussi en compte les maladies associées, l’espérance de vie et les attentes des patientes (survie, qualité de vie). Il n’y a pas de traitement standardisé; ces cancers du sein sont souvent éligibles pour un TH. Quel que soit l’âge, les IA peuvent offrir un bénéfice et sont bien tolérés, avec un impact négatif moindre sur les fonctions cardiovasculaires et cognitives. La densité osseuse est à surveiller précise le Pr Aapro.

Milan, 35e ESMO, symposium satellite Pfizer.

Dr JANINE DEFRANCE

Source : Le Quotidien du Médecin: 8850