REVENONS en 2001 : jusqu’alors, l’interféron alpha est largement utilisé en association avec la cytarabine dans le traitement de la LMC. Cette année-là, survient un bouleversement : l’étude IRIS publiée dans le « New England Journal of Medicine » montre que l’imatinib (Glivec) permet d’obtenir des cas de rémissions complètes temporaires, l’espérance de vie passant de quelques mois à près de six ans. Glivec devient alors rapidement le médicament de référence au détriment de l’interféron alpha. C’est dans ce contexte qu’une équipe de l’INSERM (centre d’investigation clinique CIC 802) estime que les modes d’action de la cytarabine et de l’interféron alpha pourraient apporter un bénéfice supplémentaire à l’imatinib. Les chercheurs français mettent alors en place dès 2003 l’étude SPIRIT pour tester différentes options. C’est ainsi que, jusqu’en 2007, sont recrutés 636 adultes présentant une LMC non traitée, qui sont répartis en quatre groupes : imatinib seul 400 mg ; imatinib 600 mg seul ; imatinib 400 mg + cytarabine ; imatinib 400 mg + perginterféron alfa 2a.
Réponse moléculaire majeure.
À douze mois, les taux de réponse cytogénétique sont similaires dans les quatre groupes. Quant au taux de réponse moléculaire majeure à douze mois, il est significativement plus élevé chez les patients recevant l’association imatinib + perinterféron (57 %) que chez ceux recevant l’imatinib seul (38 %). Au bout de deux ans, avec cette association, 64 % ont une réponse moléculaire majeure contre environ 53 % en cas d’association avec la cytarabine ou d’augmentation de la dose d’imatinib ; et 16 % ont atteint un stade auquel la maladie est devenue indétectable, soit un taux deux fois plus important que celui obtenu dans les autres groupes.
Pour le Pr François Guilhot, investigateur principal de cette étude, cette efficacité s’explique par des modes d’action complémentaires : « avec l’imatinib seul, des cellules cancéreuses à l’état dormant persistent dans la moelle osseuse. L’interféron alpha recrute ces cellules et les fait entrer dans une phase active qui les rend sensibles à l’imatinib. À ce titre, cette association offre actuellement le plus grand potentiel d’efficacité contre la maladie et ouvre d’autres perspectives thérapeutiques en cancérologie », indique-t-il dans un communiqué de l’INSERM.
Les chercheurs vont poursuive l’essai encore quelques années pour évaluer également le gain en terme de survie.
Preudhomme et coll. N Engl J Med, 26 décembre 2010.
Ont participé à ce travail des équipes de : Lille, Poitiers, Lyon, Vandœuvre, Toulouse, Strasbourg, Angers, Paris, Meaux, Reims, Versailles, Nice, Clermont-Ferrand, Chambéry et Bordeaux. (Intergroupe français des leucémies myéloïdes chroniques).
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