DE NOTRE CORRESPONDANTE
LA VIE de Cécile Bocéno, 39 ans, artiste plasticienne, bascule le 3 juillet 2009, lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer inflammatoire du sein à évolution rapide. « Mon thérapeute m’a rapidement conseillé de m’accrocher à mon activité artistique, le cérébral, la seule chose qui allait m’aider pendant cette période. J’ai donc commencé à réaliser une toile par jour, au départ un peu comme un rituel, pour exprimer ce que je ressentais, ce que je vivais et ma vision du monde aussi », raconte-t-elle.
Pour créer, pendant ses périodes d’hospitalisation, elle case son atelier dans une boîte à chaussures et réalise sur des petits formats (12X12), une série de toiles qui représentent les différentes étapes franchies : la peur, le refus, l’épreuve du traitement puis l’esprit qui prend le dessus…
La toile du 51e jour, marque un tournant. « J’y ai représenté le sein et j’évoque la maladie pour la première fois. Ce jour-là, dans mon esprit, tout bascule, je sors de l’enfermement, je décide d’accepter la maladie et je décide que je vais m’en sortir. C’est la première fois que la couleur apparaît et je légende : "C’est moi qui gagne" », se souvient-elle.
Une forme noire apparaît comme un fil conducteur sur chacune de ses toiles, « c’est la tranche de ma main qui me permet de signer chaque jour mes images c’est aussi une façon de représenter la problématique du temps qui passe, si particulière quand on est malade, confie-t-elle. Puis je suis quelqu’un toujours sur la tranche, j’ai été élevée dans une double culture franco-africaine qui m’a beaucoup marquée. Dans la maladie, c’était le cas aussi, je suis restée plusieurs mois sans savoir si j’allais mourir ou pas. »
Cécile Bocéno, qui développe l’art du collage, a utilisé une feuille d’or sur chacune de ses toiles, « c’est un matériau permanent, universel, c’était donc une façon de communiquer avec tout le monde ».
Les tableaux marquent globalement une progression de joie et d’espoir, mais ils sont ponctués de sévères rappels à l’ordre de la maladie. Au 104e, « Life is beautiful », ce jour-là était agréable ; mais au 117e jour « les effets secondaires sont redoutables » et la toile représente un bateau en pleine marée noire…
« J’ai aussi profité de cette période pour voler des images au monde. C’est un peu ma représentation de l’actualité de l’époque, pardon mais ce monde m’a aussi volé un an de ma vie », explique-t-elle.
Le 22 juillet 2010, un an exactement après sa première injection de chimiothérapie, Cécile a légendé sa dernière toile « Repos bien mérité ». Elle a refermé sa boîte à chaussures, et pris de belles vacances avec mari et enfants. Aujourd’hui, la plasticienne vend ses œuvres et reversera une partie de la recette à l’Institut Claudius Regaud (ICR) pour aider les associations de patients.
« Monologue…Chimiothérapie », jusqu’au 30 janvier au musée des Abattoirs à Toulouse. L’exposition sera ensuite itinérante et à partir du mois d’avril à la médiathèque de Pamiers et au château de Fiches (Ariège). Pour connaître les lieux des prochaines expositions : cecile.boceno@orange.fr .
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