Réduction du risque cardio-vasculaire

L’intérêt se porte sur le taux de CRP-us

Publié le 16/03/2009
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« LA PRATIQUE D’ANGIOGRAPHIE coronaire au décours d’un infarctus du myocarde montre que simultanément à la rupture de la plaque responsable de l’ischémie myocardique, d’autres fragments se détachent également à divers endroits de l’arbre artériel, exposant à un haut risque de récidive, surtout durant la première semaine suivant l’infarctus », a indiqué le Pr Gilles Montalescot (Paris). « L’athérosclérose est une maladie inflammatoire, a confirmé le Pr Paul Ridker (Boston) ; le taux de CRP-us (ultrasensible) étant aussi important à prendre en compte que celui de LDL-cholestérol. »

On connaît de mieux en mieux la structure des plaques d’athérome et l’enchaînement des étapes conduisant à leur constitution puis à leur rupture. « L’instabilité de la plaque dépend de la fragilité de la matrice sur laquelle elle repose (diminution du collagène et des cellules musculaires lisses), de sa structure, de son contenu lipidique (LDL oxydés) et surtout de son caractère inflammatoire (avec la présence de nombreux macrophages activés relarguant des facteurs inflammatoires et prothrombogènes) », a indiqué le Pr John Chapman (Paris).

« Au plan clinique, un certain nombre de signes doivent alerter sur un risque élevé de récidive, a expliqué le Pr Gilles Montalescot ; tel est le cas d’une douleur thoracique persistante ou récidivante, d’une fréquence cardiaque élevée, d’un symptôme faisant évoquer une insuffisance cardiaque ou d’un choc cardiogénique (avec une pression artérielle effondrée). » L’âge, le sexe, un diabète, une insuffisance rénale doivent aussi être pris en compte dans l’évaluation de ce risque. Au plan biologique, la CRP-us est un très bon marqueur du risque d’ischémie coronaire aiguë. « Un taux élevé de CRP correspond à des ruptures multiples de plaque, que celles-ci soient " coupables " ou " silencieuses " », a estimé le Pr Montalescot.

Les résultats de l’étude JUPITER

« La CRP semble être un meilleur marqueur du risque cardio-vasculaire que le taux de LDL-cholestérol ou l’homocystéinémie », a confirmé le Pr Paul Ridker. Dans l’étude JUPITER, les patients avec un taux de CRP supérieur à 2 mg/L et un taux LDL-C inférieur à 130 mg/L avaient un risque d’événements cardio-vasculaires supérieur à ceux ayant un taux de CRP inférieur à 2 et un taux de LDL-C supérieur à 130 mg/L.

« Ajouter le taux de CRP et les antécédents familiaux améliore la valeur prédictive du score de Framingham », a noté le Pr Ridker.

L’étude JUPITER (Justification for the Use of statins in Primary prevention : an Intervention Trial Evaluating Rosuvastatin) menée chez des patients avec un LDL-C normal ou bas et une CRP élevée, a comparé l’administration de 20 mg/jour de rosuvastatine à un placebo. Le critère principal de l’étude, qui était la réduction du taux de premiers événements cardiovasculaires majeurs a été largement atteint. Après douze mois, le taux de premiers événements cardiovasculaires - décès d’origine cardiovasculaire, AVC, IDM, hospitalisation pour un angor instable ou revascularisation artérielle - correspondant au critère principal de l’étude, était abaissé de 44 % par rapport au groupe placebo (p < 0,00001) ; le risque d’IDM était réduit de 54 % p < 0,001) et le risque d’AVC de 48 % (p = 0,002) et la mortalité totale était réduite de 20 % (p = 0,02). Cette réduction significative des premiers événements cardiovasculaires était associée à une réduction de 50 % du LDL-C, d’une hausse de 4 % du HDL-C et d’une baisse de 37 % du taux de la CRP de 37 %. « La CRP est un bon marqueur du risque d’événements cardiovasculaires, a conclu le Pr Ridker. De 0,5 à 1 mg/L le risque est bas, de 1 à 2 mg/L il est modéré et supérieur à 3 il est élevé. Et la rosuvastatine diminue à la fois le LDL-C, la CRP et le taux de premiers événements cardio-vasculaires. »

Symposium organisé par AstraZeneca aux 21es Journées européennes de la Société française de cardiologie à Paris

Dr DENISE CARO

Source : lequotidiendumedecin.fr