En France, selon l'étude NASHCO réalisée à partir de la cohorte Constances (200 000 adultes de 21 départements), la prévalence de la stéatose métabolique (NAFLD) est de 18 %, moins élevée qu’aux États-Unis ou d’autres pays d’Europe.
La stéatose est deux fois plus importante chez les hommes que chez les femmes et augmente avec l'âge. Il existe incontestablement des facteurs génétiques, et certains polymorphismes génétiques pourraient rendre compte des NAFLD survenant chez des personnes sans obésité ni diabète. Cependant, les facteurs de risque métaboliques (obésité, diabète de type 2, hypertension, syndrome métabolique, hypertriglycéridémie et élévation des transaminases) dominent largement le tableau et sont responsables de l'augmentation massive du nombre des NAFLD. Le risque de développer une NAFLD et une forme plus sévère de la maladie est d’autant plus élevé que les facteurs de risque sont nombreux. Certains microbiotes particuliers favorisent aussi la survenue d’une NASH.
Rééquilibrage alimentaire
Actuellement, le traitement des NAFLD/NASH repose sur un rééquilibrage alimentaire permettant une perte de poids et réduisant la part des acides gras saturés, des sucres et en particulier du fructose. Le régime méditerranéen a la faveur des experts. Il faut limiter la consommation d’alcool et de tabac qui favorise la NAFLD et encourager l’exercice physique. Mais on sait combien il est difficile d’obtenir et surtout de maintenir une bonne hygiène de vie. La chirurgie bariatrique, réalisée pour d’autres motifs, a par ailleurs montré une amélioration de la NAFLD/NASH.
Des traitements médicamenteux s’avèrent assez prometteurs. Si leur efficacité se confirme, tout l'enjeu sera de repérer les patients qui pourraient en bénéficier. L'acide obéticholique (OCA, de Intercept Pharmaceuticals), un agoniste du récepteur farnésoïde X (FXR) et un analogue de l'acide biliaire, augmente la sensibilité à l’insuline, diminue la néoglycogenèse, les triglycérides, les acides biliaires et a expérimentalement des actions anti-inflammatoires et antifibrosantes. Une réduction significative de la fibrose et une régression de la stéatohépatite ont été observées dans une étude menée auprès de 931 patients atteints de NASH avec une fibrose hépatique de stade 2 ou 3.
Une autre molécule, l'élafibranor (Genfit), agoniste des PPARα et des PPARδ, semble bénéfique sur le plan métabolique et hépatique, mais les résultats définitifs sont attendus pour 2020. D’autres essais sont en cours avec des molécules agissant sur des voies métaboliques différentes, ainsi que des recherches sur le microbiote. Des molécules antidiabétiques, comme les agonistes du GLP1 et les inhibiteurs de SGLT2, ont aussi une certaine efficacité sur les lésions de NASH.
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