À peine quelques jours après la mise en œuvre du nouveau protocole dans les écoles pour faire face à la vague Omicron, un assouplissement des mesures vient d'être annoncé. En parallèle, à la suite d'une demande du Conseil d'État, le ministère de la Santé a précisé dans la soirée du 6 janvier que l'accord des deux parents serait désormais requis pour vacciner les enfants de 5 à 11 ans, ce qui pourrait compliquer le déroulement de la campagne. Une décision que déplore le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, le Pr Alain Fischer, interrogé par LCI : « Je pense que c'est un peu malheureux, c'est un obstacle qui dramatise un peu cette notion de vaccination. »
Concrètement, un seul parent peut être présent lors du rendez-vous de vaccination d'un enfant de 5 à 11 ans, mais il devra être muni d'une attestation sur l'honneur selon laquelle le deuxième parent est d'accord, a précisé le ministère.
« On a des données sur des millions d'enfants vaccinés. Les effets indésirables sont encore plus faibles que chez les adolescents et les adultes, a poursuivi le Pr Fischer. Environ 300 enfants de moins de 10 ans sont actuellement hospitalisés en France ; on sait que la vaccination prévient ces complications et les éventuels Covid longs ». À ce jour, seulement 1,1 % des enfants de 5 à 11 ans ont reçu une première injection ; deux tiers des parents y sont défavorables, selon un sondage de l'Inserm réalisé avant la recommandation de la Haute Autorité de santé.
À noter que le ministère a modifié le délai entre les deux premières injections du vaccin pour les enfants. Si l'intervalle de 21 jours reste « optimal », il est désormais possible de prendre rendez-vous de 18 à 24 jours entre la première et la deuxième dose.
Un parcours de dépistage assoupli
Par ailleurs, le protocole scolaire présenté dimanche 2 janvier par Jean-Michel Blanquer dans « Le Parisien » prévoit qu'au premier cas positif (qui devra s'isoler 7 jours), tous les élèves devront faire un test antigénique ou PCR (avec retour en classe en cas de résultat négatif), suivi de la réalisation d'autotests (délivrés gratuitement en pharmacie) à J + 2 et à J + 4 à la maison.
Avec la version actualisée du protocole, les élèves n'auront plus à réaliser ce parcours complet de dépistage en cas de survenue d'un nouveau cas positif dans leur classe dans un délai inférieur à sept jours après un premier cas. Si un élève de la classe accueilli sur présentation d'un test négatif se déclare positif (par exemple après un autotest réalisé à J + 2 ou à J + 4), il ne sera pas nécessaire pour les autres élèves de la classe ou les contacts à risque de recommencer immédiatement un cycle de dépistage.
« Le cycle de dépistage ne redémarre que si le second cas confirmé a eu des contacts avec les autres élèves après un délai de sept jours suite à l'identification du premier cas », est-il désormais précisé dans le protocole.
Pour la secrétaire générale du Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire) Guislaine David, interrogée par l'AFP, cette précision du ministère « n'est pas du tout logique car il va y avoir encore plus de trous dans la raquette ». Et d'avancer : « On reste donc sur notre demande initiale de fermer la classe dès un cas de Covid. C'est beaucoup plus prudent d'isoler les cas contacts ».
Appel à la grève des enseignants
Concernant la multiplication des tests, Jean-Michel Blanquer reconnaît que ce protocole est « extrêmement difficile » à vivre pour les familles, tout en réaffirmant la volonté du gouvernement de ne pas fermer les écoles. Selon le ministre, environ 8 % d'enseignants sont actuellement absents dans les établissements scolaires. Mais le pic d'absences « ne devrait pas dépasser normalement 15 % », a-t-il assuré ce mercredi 5 janvier, alors que la rentrée scolaire s'effectue sous tension.
La grande majorité des syndicats d'enseignants appellent ainsi à la grève nationale jeudi 13 janvier dans les écoles, collèges et lycées, dénonçant « une pagaille indescriptible » dans les établissements en raison de l'épidémie de Covid.
C.C. avec AFP
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