Les résultats de l'étude Spring sont désormais définitifs : la participation à un concert ne participe pas au surrisque de contamination par le Sars-CoV-2, si un protocole sanitaire optimisé est mis en place.
L'étude Spring a été coordonnée par le Pr Constance Delaugerre, du service de virologie de l’hôpital Saint-Louis (AP-HP) et d’Université de Paris, et le Dr Solen Kernéis, de l’équipe de prévention du risque infectieux de l’hôpital Bichat–Claude-Bernard (AP-HP) ainsi que par le Pr Jean-Marc Tréluyer, de l’unité de recherche clinique Necker-Cochin (AP-HP) et d’Université de Paris. Elle consistait à évaluer un protocole sanitaire mis en place lors du concert expérimental « Ambition Live Again » qui s'est tenu le 29 mai 2021 à l’Accor Hotel Arena, à Paris.
Ce protocole incluait un test antigénique dans les trois jours précédant l’événement, le port du masque chirurgical, une ventilation optimisée et un nouveau test réalisé 7 jours après l'événement. Seules les personnes dont le test était négatif ont pu participer à l’expérience. Les participants ont ensuite été tirés au sort et inclus soit dans le groupe expérimental (participation au concert), soit dans le groupe témoin (pas de participation au concert). Les bars/restaurants étaient fermés, ainsi que les zones fumeurs, mais des bouteilles d’eau étaient distribuées à volonté.
Un autre prélèvement salivaire était réalisé le jour même du concert afin d’évaluer le nombre de personnes considérées comme « contagieuses » malgré le test négatif réalisé avant le concert.
Une incidence cohérente avec l'épidémiologie du moment
Selon les données publiées le 26 novembre dernier dans le « Lancet Infectious Diseases », le nombre de nouveaux cas de Covid chez les participants au concert n'était pas significativement plus élevé que celui relevé dans un groupe contrôle n'ayant pas assisté au concert.
À la suite d'une campagne de recrutement, 6 968 personnes se sont présentées dont 6 678 ont été retenues et aléatoirement réparties entre un groupe expérimental (4 451 spectateurs) et un « contrôle », (2 227 personnes qui sont restées chez elle ce soir-là). Il s'agissait d'une population jeune (28 ans d'âge médian) représentative de celle fréquentant les concerts.
Parmi les personnes randomisées, 88 % des participants du groupe expérimental et 87 % des participants du groupe contrôle se sont conformés aux obligations du protocole, et notamment avoir envoyé un prélèvement salivaire effectué à J7. Par ailleurs, les chercheurs estiment que 91 % des participants au concert (90 % dans la fosse et 97 % dans les couloirs, les escaliers et le lobby) portaient correctement leur masque. Cette évaluation a été rendue possible grâce à l'analyse des images capturées par des caméras installées dans la salle par une intelligence artificielle.
Seulement 8 des 3 917 participants du groupe expérimental qui se sont fait tester à J+7 ont été contrôlés positifs, contre 3 des 1 947 participants du groupe contrôle, soit une incidence de respectivement 0,20 et 0,15 %. « Cela correspond au taux d'incidence en Île-de-France dans les deux semaines qui précèdent l'événement », relativisent les auteurs. De plus, il s'est avéré que 5 des 8 participants au concert qui se sont révélés positifs une semaine plus tard étaient en fait déjà positifs le jour du concert. Par ailleurs, l’analyse phylogénétique des prélèvements positifs à J+7 a confirmé l’absence de lien entre les souches virales, excluant une transmission pendant le concert.
L’incertitude des nouveaux variants
Les auteurs notent une limite à leur travail : le concert a eu lieu avant que la France soit confrontée au variant Delta, plus transmissible que les précédents. Bien évidemment, rien n'indique que les conclusions de l'étude s'appliquent au variant Omicron.
« Néanmoins, le port du masque reste efficace pour prévenir la transmission du coronavirus », quel qu'en soit le variant, « Il est donc probable que ces deux mesures de prévention restent efficaces dans le contexte actuel », concluent-ils.
De plus, un autre facteur pourrait jouer désormais. La couverture vaccinale est maintenant bien plus élevée qu'en mai 2021 : la moitié des participants déclarait à l'époque avoir reçu au moins une dose de vaccin et 7 % un schéma complet de vaccination.
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