L’épidémie de grippe a provoqué une surmortalité record avec plus de 18 000 décès, selon l’InVS

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Publié le 22/05/2015

Crédit photo : PHANIE

L’épidémie de grippe de « forte ampleur » a contribué à une surmortalité hivernale record de 18 300 décès en France, selon le bilan définitif de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Il s’agit de l’excès de mortalité le plus élevé depuis la mise en place du système d’évaluation de l’excès de décès hivernal, à l’hiver 2006-2007, qui s’explique par la grippe et par d’autres facteurs hivernaux, explique l’InVS.

Plus de 3 000 hospitalisations

Dominée (à 55 %) par le virus A/H3N2 (dont une partie n’était pas couverte par le vaccin), l’épidémie, qui a duré 9 semaines (entre les semaines du 12 au 12 janvier et du 9 au 15 mars 2015) a conduit 2,9 millions de personnes à consulter pour syndrome grippal. L’InVS recense près de 30 000 passages aux urgences, ayant entraîné 3 133 hospitalisations, dont 47 % chez les plus 65 ans.

Une surmortalité, avec un excès de 90 000 décès, a également été observée dans 13 des 15 pays participant au projet européen de surveillance de la mortalité. Mais les comparaisons scientifiques sont difficiles à établir, faute de disposer de certaines données comparables (durée de l’épidémie, pourcentage des + 65 % dans la population par région et/ou pays...), explique le Dr François Bourdillon.

Les personnes âgées principales victimes

Les plus de 65 ans représentent 90 % de cette surmortalité, toutes causes confondues. « La grippe, c’est une maladie grave chez les personnes âgées », rappelle le Dr Bourdillon, directeur général de l’InVS.

« Ce n’est pas la plus forte des épidémies de grippe par rapport aux 30 dernières années », nuance-t-il, même si son ampleur est l’une des plus élevées (14e rang) observée sur cette longue période. « Par contre, avec le virus H3N2, les épidémies sont plus graves et donnent plus de complications chez les personnes âgées, notamment chez celles souffrant déjà d’autres maladies », précise-t-il.

Selon une modélisation InVS, sur la période 2000-2009, en épidémie normale, si l’on avait 75 % de vaccinés chez les plus de 65 ans (contre 58 % cette année, et 52 % l’an passé) on éviterait 3 000 décès sur la mortalité hivernale, selon le patron de l’InVS. Quelque 53 % des populations à risques n’étaient pas vaccinées (en hausse de 2 points par rapport à l’an passé).

Dans les collectivités de personnes âgées/EHPAD (maisons de retraite), plus touchées que les hivers précédents, le nombre de grippés hospitalisés (7 %) ou décédés (3 %) est resté stable, malgré « un virus plus agressif et plus virulent ». « C’est un premier élément d’efficacité de la prévention dans les EHPAD, grâce aux vaccins (83 % des résidents âgés vaccinés) et aux mesures "barrières" utilisées par le personnel (gel hydroalcoolique, masques...) », analyse le Dr Bourdillon.

Coline Garré (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr