OÙ AVEZ-VOUS acheté vos lunettes ? La Fédération nationale des opticiens de France (FNOF) a posé la question à une trentaine de députés. De droite ou de gauche, tous ont confié être descendus… en bas de chez eux. La FNOF a filmé leurs réponses et les a mises en ligne*. Elle a également adressé une lettre ouverte aux candidats, visant à défendre la liberté de choix, la proximité et la qualité. Autant de valeurs mises en péril par le développement des réseaux fermés, estime le syndicat.
« Nous dénonçons la pratique de certains organismes complémentaires d’assurance-maladie, déclare ainsi le président de la Fédération, Alain Gerbel. Nous n’avons pas le droit de transmettre les coordonnées du médecin ni l’ordonnance. Or pour être membre d’un réseau, il faut systématiquement transmettre l’ordonnance [à la complémentaire]. (...) Pour beaucoup, communiquer une ordonnance de lunettes n’est pas gravissime. Mais si vous laissez faire, que se passera-t-il demain ? Personne ne sait ce que deviennent les données de santé qui transitent n’importe comment via les plateformes ».
Environ un opticien sur dix a adhéré aux réseaux. Ceux-là ne jouent pas leur rôle de proximité, dénonce la FNOF, qui représente 10 000 opticiens indépendants. Les mutuelles d’entreprise sont parfois très contraignantes : il arrive que des patients fassent jusqu’à 50 km pour s’équiper en lunettes. Selon la FNOF,les réseaux empêchent les opticiens de jour leur rôle ; les grilles tarifaires négociées en amont entre l’assureur et l’enseigne ne permettent pas au professionnel de préconiser telle qualité de verre plutôt que telle autre, selon la profession ou le mode de vie du patient.
La FNOF réclame un vaste débat national avec l’ensemble des complémentaires. Elle assure qu’il est possible de maîtriser les coûts de l’optique (en ne remboursant plus les lunettes que tous les deux ou trois ans, par exemple), tout en maintenant la qualité, sans pour autant passer par les réseaux fermés.
* Vidéo en ligne sur www.optique-remboursement.fr
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