Monsieur le Président, cher confrère,
Je viens de recevoir comme tous mes confrères l’appel de cotisation pour l’année 2014. J’exerce comme vous le savez en SELARM, et à ma grande stupeur, la cotisation totale cette année est passée de 450 euros en 2013 à 610 euros (305+305) cette année, soit une augmentation de 35 % en un an !
À l’heure où nos concitoyens sont à la peine sur le plan économique, à l’heure où les médecins voient aussi se durcir les conditions de leur exercice, en particulier sur le plan financier, l’Ordre des médecins, nos pairs, se permet une augmentation de cotisation de 35 %, indécente, oubliant par là même « le tact et la mesure ».
Alors que l’Ordre des médecins prône à tout va la déontologie, manifestement, il ne s’applique pas ce principe en matière de gros sous. Certes, Monsieur le Président, j’ai conscience que tous les membres de l’Ordre des médecins donnent beaucoup de leur temps sans en obtenir une grande rémunération, mais tout de même, une telle augmentation en période de crise économique, n’est-ce pas honteux ?
Je veux croire qu’il s’agit là d’une simple maladresse qui sera corrigée les années à venir, sinon, ne vous étonnez pas que la déontologie disparaisse du monde médical, tout comme la raison a abandonné l’Ordre des médecins.
Je réglerai néanmoins ma cotisation en temps et en heure, comme depuis 36 ans, mais pour la première fois avec rancœur.
Messieurs, mes chers confrères, continuez comme cela, et ce sera une raison supplémentaire pour faire fuir nos jeunes confrères de l’exercice dit libéral.
Recevez, Monsieur le Président, l’expression de toute ma considération, mais pas de mes sentiments confraternels.
Pourquoi nous sommes si mauvais ? Réponse au Dr Pertuet
Ceci est une réponse au courrier d’un sympathique confrère, le Dr Stéphane Pertuet, publié par « le Quotidien » dans son numéro du 16 décembre 2013 sous le titre « Pourquoi nous sommes si mauvais… » :
Votre point de vue concernant les insuffisances de l’enseignement magistral et de la formation hospitalière est justifié mais n’est pas prêt d’être résolu. Par contre, le problème médical justifiant le titre de votre courrier intéresse le spécialiste que je suis, et l’étiologie des plaintes de votre patiente mérite une discussion.
De quoi s’agit-il ? De glaires, de mucosités collantes, de petits crachats clairs survenant sans aucun effort de toux, sans mouchage, obligeant le patient à déglutir ou à des raclements pour les décoller, créant des tics de déglutition permanents. Le patent cherche à savoir s’ils viennent d’en haut (cavum, nasal) ou d’en bas (pharynx).
Cette symptomatologie survient insidieusement chez l’adulte, est permanente et s’aggrave dans le temps pour devenir obsessionnelle.
En fait, nous sommes devant un syndrome sec touchant à des degrés divers toutes les glandes muqueuses et séromuqueuses à des degrés différents : salivaire, nasopharynx, lacrymal, vaginal.
Sur le plan étiologique, on rencontre par ordre de fréquence :
- En tête, les traitements neuropsychotropes : 62 % des causes de sécheresse chez les plus de 65 ans.
- La radiothérapie cervicale, certains hypotenseurs en particulier les bêtabloquants, les chimiothérapies, l’Iode radioactif.
- Le syndrome de Gougerot-Sjögren avec son cortège de maladies auto-immunes.
- La ménopause de moins en moins compensée par un traitement substitutif.
En France, on estime à au moins 3 millions les personnes souffrant d’un syndrome sec dont 30 000 syndromes de Gougerot. En Europe, 23 millions de cas de sécheresse.
Il s’agit d’une population très hétérogène qui dissimule son handicap, inhibant son relationnel et s’adaptant mal en utilisant des petits moyens de compensation. Notre profession n’ignorait pas certains effets iatrogéniques de traitement, mais n’y prêtait pas attention et rassurait le patient : « Cela reviendra à l’arrêt du traitement. » Or, il s’agit d’une véritable destruction cellulaire du tissu glandulaire, d’autant plus que l’arrêt de ce type de traitement est difficilement réalisable.
Sur le plan thérapeutique, je n’aborderai que celui de la sécheresse buccale pour laquelle tout est à inventer, avec un désintéressement des laboratoires pharmaceutiques qui sont pourtant souvent responsables des effets iatrogéniques.
Devant l’absence de traitement efficace, nous nous sommes réunis, avec quelques médecins, poursuivant deux objectifs :
1) Créer une compensation salivaire de qualité. (...)
2) Créer une stimulation salivaire, c’est-à-dire un sialogogue. (...)
Voilà un résumé de plusieurs années de recherche et en conclusion, nous avons un point commun, nous ne sommes pas mauvais… mais animés par la curiosité médicale. Conservons-la.
Le départ de Raoul Tubiana
Suite aux articles de la rubrique « Ils nous ont quittés », je me permets de vous signaler le départ, 15 jours après son frère Maurice, de Raoul Tubiana, peut-être le plus grand chirurgien de la main du XXe siècle.
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024