LES CORDONNIERS sont les plus mal chaussés.. C’est après avoir pris connaissance d’une enquête des conseils de l’Ordre de Seine-Maritime et de l’Eure (« le Quotidien » du 30 janvier 2009) mettant en évidence en Haute-Normandie des praticiens libéraux en situation de vulnérabilité, négligeant leur santé, et souffrant en conséquence de nombreuses pathologies, que s’est constituée dans la région l’association Imhotep (1). Elle s’est fixé pour mission de proposer aux médecins libéraux volontaires un programme de médecine préventive (ni médecine générale, ni médecine du travail) centré sur leurs facteurs de risque personnels et professionnels.
L’association s’est constituée autour de membres des conseils de l’Ordre de Seine-Maritime et de l’Eure, ainsi que de membres de l’union régionale des professionnels de santé (URPS) de Haute-Normandie et du service de médecine du travail du CHU de Rouen. « Mais elle est indépendante de ces structures », insiste le Dr Pierre Hurtebize, secrétaire général adjoint de l’Ordre de Seine-Maritime, et initiateur du projet. « Il n’est évidemment pas question d’aller dénoncer auprès d’un conseil de l’Ordre un médecin dont l’état de santé poserait problème, insiste-t-il. Notre action de prévention se déroule dans la plus grande confidentialité. »
Un programme « nécessaire ».
Ce programme est spécifiquement conçu pour répondre aux besoins des médecins libéraux. Il se compose d’une évaluation ciblée des facteurs de risque personnels, de dépistages et de surveillance périodique de santé, d’une aide à l’orientation diagnostique et thérapeutique, de conseils et d’avis techniques de prévention (portant sur la santé, le mode de vie, les facteurs professionnels et environnementaux), ainsi que, le cas échéant, d’une aide psychologique avec orientation éventuelle vers un accompagnement spécialisé. Pour le médecin désireux de rejoindre ce programme, rien de plus simple. Après envoi de bulletin d’adhésion et d’un chèque de 66 euros (par an), rendez-vous est pris par téléphone dans un des centres de consultation.
Pour Pierre Hurtebize, ce système de médecin du médecin est un programme à la fois « novateur et nécessaire ». Novateur en ce qu’il est unique, mises à part quelques expérimentations uniquement centrées sur le burn-out, et nécessaire parce que de nombreuses études mettent en évidence le fait que 80 % des médecins libéraux n’ont pas de médecin traitant, et qu’ils pratiquent parfois à l’excès l’automédication. Enfin, le secrétaire général adjoint de l’Ordre de Seine-Maritime rappelle que dans un contexte de raréfaction de l’offre de soins libérale, ce type d’initiative permet aux médecins, dont la charge de travail s’accroît mécaniquement, de mieux prendre en charge leur santé et de réaliser les dépistages qui s’imposent.
(1) Association Imhotep, BP 11366. 76179 Rouen Cedex 1. http://imhotephn.blogspot.com
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