LA BOITERIE DE L’ENFANT est une anomalie de la marche avec esquive de l’appui, ou excès d’appui. Sa cause peut se situer sur la commande centrale, l’axe médullaire, le nerf périphérique, ou l’appareil effecteur (articulations, squelettes du rachis et membres inférieurs, muscles).
En premier lieu, il faudra déterminer le type de boiterie. Il peut s’agir d’une boiterie d’esquive en cas de douleur allant de la réduction du temps d’appui au refus d’appui et de la marche. La boiterie peut également être plongeante, évoquant une boiterie par inégalité de longueur des membres inférieurs. Enfin, la boiterie peut être secondaire à une perturbation des amplitudes de mobilités articulaires.
Il faudra ensuite déterminer la topographie de l’affection sous jacente. La cause de la boiterie peut être localisée au système nerveux central ou périphérique, à l’appareil effecteur, à l’articulation qui peut être tuméfiée ou être en flessum, au muscle, au rachis (recherche d’une scoliose, d’une raideur) ou aux membres inférieurs (point focal douloureux exquis œdematié d’une fracture), voire parfois à la peau (angiome). Enfin, la nature de l’affection sous-jacente doit être déterminée : processus infectieux, tumoral, traumatique, inflammatoire, génétique neuromusculaire ou autre…
L’analyse de la marche.
Le diagnostic est orienté par l’analyse de la marche, le type de douleurs (inflammatoire ou mécanique), la présence de fièvre, d’une altération de l’état général (processus infectieux ou tumoral), la recherche d’une notion de chute.
Enfin, l’examen clinique complet orientera le diagnostic ainsi que l’âge de l’enfant.
Les examens complémentaires sont orientés par l’interrogatoire, l’examen clinique ainsi que l’âge de l’enfant. En première intention seront demandées une radiographie (avec deux incidences) centrée sur la région douloureuse, et une échographie de hanche. En seconde intention, une scintigraphie osseuse sera demandée si la radio et l’échographie sont anormales. Enfin, selon ces précédents examens, une IRM ou un scanner pourront être demandés. Sur le plan biologique, une NFS, une VS et une PCR sont indispensables ainsi que des hémocultures et une ponction articulaire en cas de fièvre. Des tests plus spécifiques sont réalisés pour rechercher une piste rhumatismale ou tumorale. Une cause infectieuse septique (ostéomyélite, spondylodiscite) doit toujours être recherchée, d’autant plus si le tableau clinique et biologique est évocateur. Parmi les causes non infectieuses mais douloureuses, on recherchera un traumatisme, une ostéochondrite primitive de hanche, une épiphysiolyse de hanche, une synovite aiguë de hanche, une pathologie inflammatoire rhumatismale, une pathologie de l’hémoglobine ou de l’hémostase, ou une tumeur.
Rhume de hanche, un diagnostic d’élimination
Le rhume de hanche est un diagnostic d’élimination que l’on retient quand il guérit au bout de 7 jours, chez un enfant de 3 à 10 ans ayant présenté des douleurs de hanche sans fièvre avec une radio normale, un épanchement clair à l’échographie et lorsque l’évolution est bonne sans récidive.
En fonction de l’âge, il faudra penser chez le petit enfant, aux processus infectieux et traumatiques, chez le plus grand à l’ostéomyélite et à l’ostéochondrite de hanche. Chez l’adolescent, l’épiphysiolyse est à craindre. Dans tous les cas, les tumeurs sont à redouter.
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